Cinéma

Son rire sonore, reconnaissable entre tous, retentit tout au long de la conversation. 

Anny Duperey respire la joie de vivre et cela s’entend. Même si, bien évidemment, certaines choses l’énervent. "J’essaie toujours de rester positive, mais parfois, cela fait plus que m’énerver, explique-t-elle en train de siroter un verre d’eau. L’autre jour, j’ai hurlé, véritablement, devant ma télé. Juste avant les infos, on a passé six publicités pour des voitures. C’est dingue : on nous parle du réchauffement climatique, de faire machine arrière en utilisant moins notre véhicule, et les publicités pour les gros SUV ou les véhicules puissants n’arrêtent pas. C’est infernal. Ces publicités sont toujours associées à la liberté, le standing, c’est hallucinant. À notre époque, avec ce qui nous pend au nez, si on veut être logique, les publicités pour les voitures devraient être interdites, comme ont été interdites les publicités pour les cigarettes. Mais cela ne correspond pas aux intérêts de l’industrie…"

À ses yeux, les campagnes de promotion devraient bien plus être axées sur les enfants. "Je suis marraine de SOS villages d’enfants, mais j’assure uniquement le côté médiatique. Je n’ai pas assez grandi pour m’occuper des villages d’enfants. Quand je vois des enfants dans des situations dramatiques, je me sens inutile. Alors que comme marraine, c’est l’inverse. À la mort de mes parents, j’ai été séparée de ma sœur. Je ne critique pas : chacune des deux familles avait perdu un de ses membres et on peut donc comprendre qu’ils désirent en récupérer un. SOS villages d’enfant, dans tous les cas, refuse de séparer les frères et sœurs. Donc, je me bats pour eux. Et d’après ce qu’ils me disent, après la campagne médiatique à laquelle j’ai participé, les dons ont augmenté. C’est une grande fierté de pouvoir aider. C’est bien plus important qu’un rôle. Aujourd’hui, il y a beaucoup moins d’orphelins qu’avant. C‘est surtout en raison d’une extrême précarité ou de faits de violence que des enfants sont placés définitivement. J’ai rencontré des femmes admirables qui s’occupent d’eux. C’est à mi-chemin entre le métier et le sacerdoce. C’est épatant que ce soit un métier pour les enfants. Ce ne sont pas des personnes qui cherchent à remplacer une mère ou un père. Ce sont plutôt des tuteurs, rôle qu’a tenu ma tante quand elle m’a élevée. Dans Le rêve de ma mère , j’ai enfin rendu hommage à ma tante, un personnage incroyable. Je détestais à l’époque le mot tuteur. Jusqu’à ce que je fasse du jardinage. Ce n’est pas les racines, c’est planté à côté, cela ne se mêle pas, c’est vous qui choisissez de les utiliser et c’est épatant. C’est ce que font les mères SOS. Elles ont toute mon admiration."