S’il y a un terme qu’il faudra rayer des qualificatifs décrivant les films post-Covid, c’est assurément "sexy". Les scènes d’amour sont en effet assez difficilement compatibles avec la distanciation de sécurité ou le port du masque.

Cela ne semble pas déranger l’association Directors UK, qui regroupe 7 000 réalisateurs d’outre-Manche. Elle propose en effet toute une série d’astuces à ses membres pour suggérer plutôt que montrer. Et certaines sont assez surprenantes.

En demandant de s’inspirer de films comme New York - Miami ou Casablanca, tournés sous la contrainte du code Hayes (donc sans la moindre nudité) de triste mémoire, l’association propose d’abord de se demander si les scènes de sexe sont indispensables, et d’envisager l’usage de mannequins, de l’animation (on n’invente rien), des écrans verts pour recomposer les couples au montage, des split-screens (on croit rêver…), des gros plans de chaque partenaire seul, voire de simplement montrer les protagonistes en train de se rhabiller, de décrire le passage coquin via SMS ou d’arrêter la caméra devant une porte close, histoire de laisser chacun imaginer ce qui peut se passer derrière.

En poussant cette logique un peu plus loin, pourquoi ne pas filmer uniquement des portes closes et laisser le spectateur inventer tout seul toute l’histoire du film ?

Vous pensez qu’on a touché le fond en matière d’absurdité ? Détrompez-vous. Directors UK suggère "d’engager de vrais couples dans la vie qui n’auront pas besoin de distance sociale (bien que cela présente quelques problèmes)".

Quelques problèmes, le bel euphémisme. Imaginez la réaction de la douce moitié d’une star à qui on demande non seulement de jouer la comédie alors que ce n’est pas son métier, mais en plus de se déshabiller à l’écran et de simuler une scène d’amour devant des techniciens. Qui plus est, encore faut-il qu’elle ressemble physiquement à la personne qu’elle remplace juste pour ce passage torride.

Même si Directors UK précise que cela ne pourrait s’appliquer que dans des "cas exceptionnels", le seul fait d’avoir envisagé cette mesure tient du surréalisme le plus dingue.