Don Jon

Toutes les semaines, Jon couche avec de nouvelles filles rencontrées en boîte. Rien que des bombes (des 8 sur 10 dans son langage). Mais aucune d’elle, même après une folle nuit de débauche, ne lui procure autant de plaisir que la vision de films pornos. Pas même la plus belle femme jamais rencontrée dans sa vie, Barbara (Scarlett Johansson). Un 10 sur 10. Qui n’a que deux défauts : elle est accro aux comédies romantiques et veut être traitée comme une princesse. Pour elle, il est prêt à faire tous les efforts du monde. Y compris suivre des cours du soir pour lui faire plaisir. Mais renoncer au porno s’avère bien plus compliqué que prévu.

Notre avis: 6/10

Pour sa toute première réalisation, Joseph Gordon-Levitt frappe fort au niveau de la thématique. Films X et comédies romantiques ne font en effet pas bon ménage. Et Don n’a rien du gendre idéal si prisé dans les sucreries sentimentales. Ce grand nerveux passe en effet son temps dans les salles de musculation, à l’église (ses passages à la confesse valent de l’or), à se disputer avec son papa (Tony Danza) lors des dîners familiaux et devant son ordinateur (jusqu’à 46 sites coquins visités en une seule journée…).

Passé les audaces initiales, l’Angélinos de 32 ans donne l’impression de meubler pour arriver à sa conclusion originale. Les séquences se répètent (voiture-muscu-repas familial et porno), toujours au même rythme, rarement égayées par un élément de surprise ou de nouveauté. Là, on sent clairement le manque de métier du jeune cinéaste découvert dans le merveilleux 500 jours ensemble. Paradoxalement, les évolutions du récit, elles, sont trop rapides, trop évidentes alors que la vie est toujours plus compliquée que ça.

Il ne tire pas non plus le meilleur parti de Scarlett Johansson, pourtant parfaite pour incarner une diva sûre d’elle qui sait exactement ce qu’elle veut. Il ne la pousse pas suffisamment à varier les registres, à explorer d’autres pistes. De sorte qu’en dépit d’idées de base intéressantes et amusantes et d’un ton résolument plus moderne que les habituels sirops hollywoodiens, Don Jon ne dépasse pas le cadre de la comédie romantique sympa. Pour un premier essai, c’est quand même prometteur.

Don Jon: comédie romantique réalisée par Joseph Gordon-Levitt. Avec Scarlett Johansson, Julianne Moore, Joseph Gordon-Levitt, Tony Danza. Durée 1h30


L'apprenti Père Noël et le flocon magique

Il a reporté l’échéance autant que possible mais, cette fois, le Père Noël doit céder la place au jeune Nicolas. Dont les jouets sont merveilleux. Mais rien ne se passe comme prévu pour le nouveau patron des lutins. Atteint d’une maladie très rare : la grande-personnelose. Son prédécesseur va donc lui faire effectuer un grand voyage pour retrouver son âme d’enfant. Pendant ce temps, un plus ancien Père Noël se chargera de faire tourner l’usine à jouets. Mais le vieux rétrograde n’apprécie pas du tout les jeux à distribuer.

Notre avis: 4/10

Trois ans après L’apprenti Père Noël, Luc Vinciguerra poursuit l’histoire de Nicolas. Ce qui peut paraître une bonne idée en soi. À condition d’avoir une solide histoire à raconter. Or, ce n’est pas vraiment le cas. Les trouvailles sont rares, tout comme les sujets d’émerveillement. Nicolas doit plonger dans son passé pour retrouver les valeurs qui avaient fait de lui le seul successeur possible du Père Noël, mais cela touchera bien plus les parents que les enfants.

Pour le reste, il faut bien constater qu’il ne se passe pas grand-chose. Ce petit dessin animé à l’animation quelque peu rétro se suit distraitement et ne captivera sans doute vraiment que les plus petits.

L’apprenti Père Noël et le flocon magique: animation réalisée par Luc Vinciguerra. Durée 1h25


Carrie

Premier roman de Stephen King, paru en 1974, Carrie fut adapté une première fois au cinéma dès 1976 par Brian De Palma, avec Sissy Spacek dans le rôle-titre. Le film demeure un des préférés du genre des adolescents américains.

Sacrée mise en abyme, en effet, que cette version moderne de Cendrillon. Une jeune fille de 16 ans, vivant sous la coupe d’une mère bigote, est la souffre-douleur de ses camarades de classe. Traumatisée par ses premières règles, la jeune fille se découvre des pouvoirs de télékinésie. Pétrie de culpabilité pour l’avoir moquée avec ses amies, Susan demande à son petit ami, Tommy, joueur vedette du lycée, d’inviter Carrie au bal de promotion de fin d’année. Mais Chris, privée de bal pour avoir tourmenté Carrie, compte en profiter pour se venger de la jeune fille.

Notre avis: 2/10

Pourquoi faire un remake d’un chef-d’œuvre qui n’a rien perdu de sa puissance visuelle ? On aurait pu comprendre si Kimberly Peirce avait choisi de revenir à la lettre du roman. La version de De Palma s’écarte, en effet, de l’œuvre de Stephen King, notamment dans sa narration ou dans le final, plus apocalyptique dans le roman. Mais la réalisatrice de Boy’s Don’t Cry reprend la trame du scénario de De Palma. Et souffre immanquablement la comparaison : dès la scène de douche inaugurale, elle en fait trop… ou pas assez.

Chloé Moretz, choisie pour incarner Carrie, est trop belle, déjà trop vamp, et en rajoute dans la manifestation du pouvoir que se découvre l’étrange adolescente. De même, Julianne Moore, qui peut être si nuancée dans son interprétation (comme on peut le constater dans Don Jon, également à l’affiche cette semaine), est ici victime d’un excès de caractérisation du puritanisme de la mère de Carrie.

Série B de samedi soir , ce Carrie n’a rien d’une revanche. Jamais incisif dans sa vision des cruautés adolescentes, dénué d’inspiration dans sa mise en scène, Peirce reproduit des motifs éculés là où De Palma les avait initiés. On conseillera donc aux profanes de préférer l’original à sa copie.

Carrie: horreur réalisé par Kimberly Peirce. Avec Chloé Moretz. Durée 100 minutes


L'inconnu du lac

Un lac discret, dans le sud de la France, pendant les vacances d’été. C’est là que se retrouvent les homos, exclusivement masculins, pour draguer. Et s’envoyer en l’air dans le petit bois juste à côté de la plage. Les relations se font et se défont rapidement. Avec Michel, Franck sent pourtant que c’est du sérieux. La preuve : il l’a vu noyer son ancien amant sans le dénoncer. Mais la police enquête.

Notre avis: 0/10 

L’inconnu du lac a énormément fait parler de lui au mois de juin dernier lorsque quelques communes françaises ont censuré son affiche, pourtant très stylisée, sous prétexte qu’on y voyait deux hommes s’embrasser.

Une censure incompréhensible. Qui a finalement fait énormément de pub au polar gay d’Alain Guiraudie.

Une œuvre amenée à diviser le public, c’est une certitude. D’une lenteur extrême, elle ne contient pas le moindre élément de suspense, pas le plus petit rebondissement, pas vraiment d’intrigue non plus. Pour un polar, c’est très largement insuffisant.

À l’écran, on ne voit que des hommes, très souvent nus, discuter de séduction, de sujets des plus banals ou prendre leur pied (avec une caméra qui filme tout en gros plan) sous l’œil de voyeurs ou des mouettes. Et c’est tout.

Comme c’est parfois très mal joué, l’ennui s’installe rapidement à la vision de cet énorme cliché et rien, pas même un léger vent du sud, ne vient le balayer un tant soit peu.