Même si le quatrième volet (en comptant le remake en Amérique) des Visiteurs se déroule outre-Quiévrain, en 1789, il possède tout de même un sacré accent belge, inattendu à l’époque de Robespierre. En partie en raison de son affiche, puisque Stéphanie Crayencour, Éric de Staercke, Jean-Luc Couchard, Christian Hecq ou Christelle Cornil se retrouvent à l’écran aux côtés de Christian Clavier, Jean Reno, Franck Dubosc, Karin Viard, Sylvie Testud, Frédérique Bel, Ary Abittan ou Alex Lutz. “Le casting est formidable, nous expliquait Christian Clavier à l’époque. Avec un mélange de générations, extra. Le contraste est passionnant. C’est pour cela que ça me plaît : on est là pour passer le flambeau de génération à génération. Je suis à fond pour la nouveauté.”

Il l’a poussée jusqu’à intégrer nombre de monuments historiques belges dans la grande histoire de France. En commençant par l’Hôtel de Lannoy, à Bruxelles, puis à Namur, au musée de Croix, au palais provincial ainsi que sur la place Saint-Aubain. Le périple s’est poursuivi avec Les châteaux de Franc-Waret (bâtiment classé du XVIe siècle), d’Attre (un manoir du XVIIIe) et de Warfusée (lui aussi du XVIIIe). Le tournage belge s’est ensuite achevé à Ronchinne, dont le château fut la propriété de la princesse Clémentine, épouse du prince Victor Napoléon.

Un petit tour de nos régions particulièrement rentable, puisque la production y a dépensé la bagatelle de 3 millions d’euros. Mais il est vrai qu’elle en avait les moyens : le budget des Visiteurs : la Révolution atteignait la coquette somme de 24,75 millions d’euros. Un gouffre, puisque le film n’a attiré que 1,15 million de spectateurs. Une déception pour Christian Clavier, même s’il savait que tourner une comédie sur la Terreur était un pari risqué. “C’est une gageure. C’est original et amusant de prendre tout le monde à contre-pied, surtout avec une franchise. C’est moi qui en ai eu l’idée. Le déclic, c’est un ton (il prononce un peu sèchement “Alors, citoyens”, ndlr). J’aborde toujours l’écriture par l’idée d’un personnage que je joue. Je crois beaucoup à cette phrase d’Audiard, qui disait, quand il n’arrivait pas à dialoguer un film : Il faut changer l’histoire, elle n’est pas bonne.” C’est peut-être ce qu’il aurait fallu faire… 

En attendant, Les Visiteurs : la Révolution constitue quand même une belle vitrine pour notre patrimoine.