Hooligans. Morale curieuse, film troublant

BRUXELLES Après plusieurs courts-métrages paraît-il remarqués, la réalisatrice Lexi Alexander n'y est pas allée par quatre chemins pour son premier long-métrage qu'elle a également coécrit et... coproduit. Avec Elijah Wood, jeune héros attitré de la sage du Seigneur des anneaux, et un thème à la fois difficile et très européen, pour ne pas écrire essentiellement britannique voire même anglais, le hooliganisme.

L'auteur n'a pourtant pas négligé le lien avec le Nouveau Monde puisque le héros de cette histoire est un jeune sujet de l'Oncle Sam fraîchement émoulu de Harvard. Enfin... pas vraiment puisque le malheureux garçon s'est fait pincer pour détention de stupéfiants à la place d'un condisciple aisé qui lui a promis assistance dans la vie future professionnelle. Mais on est loin de tout ça lorsque le gaillard débarque à Londres en visite chez sa soeur. Rapidement, il se lie d'amitié avec son beau-frère qui dirige un groupe de supporters de West Ham United. Mais, en Angleterre, le terme de supporter implique souvent beaucoup de choses. Cette plongée en immersion dans l'univers du hooliganisme va transformer notre gentil Américain en vrai adepte de la beuverie et de la baston...

Dans sa manière d'aborder le hooliganisme, Lexi Alexander révèle un remarquable talent de narratrice et une surprenante maîtrise dans une mise en scène qui parvient carrément à une certaine virtuosité. Cela se manifeste dans les séquences pourtant les plus délicates. Avec son petit côté Snatch, le film est d'ailleurs troublant dans le sens où il parvient à une sorte de mise en valeur d'un comportement social qui ne mérite pourtant que la désapprobation. La morale de la séquence finale en laissera d'ailleurs plus d'un perplexe. C'est la dernière surprise d'un film qui vaut pourtant le coup d'oeil.

© La Dernière Heure 2006