Il a donné une leçon de cinéma autour de son film préféré, Orange mécanique

Le Festival s’est offert le grand frisson avant d’entamer sa toute dernière ligne droite. Avec la venue de Malcolm McDowell, bien décidé à donner une bonne leçon de cinéma après la projection du chef-d’œuvre d’effroi de Stanley Kubrick, Orange mécanique . Aucun cinéphile n’a pu oublier le psychopathe fou, sadique et violeur qu’il a campé avec tant de brio qu’il fut longtemps impossible de le dissocier de ce rôle terrifiant.

J’ai rencontré Stanley dans sa maison , explique-t-il. Il m’a tendu le livre d’Anthony Burgess et m’a dit : Lisez-ça et appelez-moi ! Je n’arrivais pas à finir ce damné bouquin, mais à la troisième lecture, je me suis dit que c’était un chef-d’œuvre. Je voulais donc le rôle à tout prix.

Mais le maître n’est pas du genre facile à convaincre. Lui donner ses motivations ne suffit pas. Il faut du concret. Pas entièrement convaincu dans un premier temps, Stanley Kubrick ne décide de lui confier le rôle qu’après avoir vu If, Palme d’or du Festival de Cannes en 1969. “Quand il a vu la scène où je me rase, il s’est exclamé : Je tiens mon personnage.”

À partir de là, il ne va plus le lâcher. Méticuleux, obsessionnel, capable de faire recommencer une scène des dizaines de fois pour obtenir les détails qui lui semblent important, le metteur en scène en fait baver à tous ses comédiens. Au point, parfois, de les décourager profondément. “Sur le tournage, on jouait au ping-pong. Cela me permettait de me venger de tout ce que j’avais dû endurer, car j’étais bien meilleur que lui avec une raquette.

De son propre aveu, ce film a totalement façonné sa carrière. “Sans ce film, mon parcours aurait été différent. ” Il aurait pu jouer des rôles plus agréables, et pas seulement les bêtes sanguinaires dans de nombreux nanars (il le confesse bien volontiers lui-même). “Ce n’est pas moi qui adore les rôles de méchants, ce sont eux qui m’adorent ! On ne peut prendre que ce que les réalisateurs vous proposent…

Son meilleur souvenir : C’était demain. Dans lequel il incarnait H.G. Wells, chargé de traquer Jack l’éventreur et non de l’incarner. “C’était agréable de ne plus jouer les tueurs en série ou les mangeurs de bébé ! Pour une fois, on me proposait le rôle du gentil. Les critiques anglais m’ont flingué. Pas grave : ce film m’a donné deux magnifiques enfants.

C’est en effet sur ce tournage qu’il a rencontré Mary Steenburgen, qui devient sa deuxième épouse en 1980 et dont il divorce dix ans plus tard, en 1990. Pour épouser Kelley, son épouse depuis 20 ans, avec qui il a eu trois autres enfants. À 67 ans, même s’il rêvait de rôles shakespeariens, Malcolm McDowell s’estime comblé. On peut le comprendre.



© La Dernière Heure 2011