Il y a 50 ans ce dimanche, on retrouvait le corps sans vie de Norma Jean Baker

Notre temps adore les schémas alternatifs et les théories du complot. Le fait est que, dans le cas de la mort de Marilyn Monroe, annoncée le 5 août 1962, voici juste 50 ans, la police n’a jamais classé l’affaire comme un suicide. Le rapport officiel fait état d’un “suicide probable” !

Dans son hacienda de Brentwood, à côté de Santa Monica, au 12305 (5th) Helena drive, la star aurait pris une quantité mortelle de barbituriques le 4 août vers 22 h 30. Sa gouvernante, Eunice Murray, a appelé d’abord le médecin traitant de Marilyn et son psychiatre. C’est celui-ci qui a informé la police, à 4 heures 25.

Un ancien du FBI, Frank Cappel, révéla, en 1964, une liaison de l’actrice avec Robert Kennedy. Tout le monde savait, plus ou moins, que Marilyn avait eu une love affair avec le président. Mais la réputation de dragueur invétéré de John Kennedy n’était plus à faire. Son frère, c’était autre chose !

Robert incarnait le mari parfait. Père, alors, de sept enfants, il en aura quatre autres par la suite. Cappel soutenait que Robert Kennedy se trouvait à Los Angeles ce jour-là et laissait penser qu’il aurait pu tuer personnellement Marilyn Monroe. En 1985, la gouvernante de l’actrice confirma que Marilyn avait rencontré Robert Kennedy ce 4 août. Mais pas dans la soirée.

Depuis 1970, une autre version circule. Un meurtre commis par le FBI ou la CIA afin de compromettre le clan Kennedy.

On parla aussi d’une erreur médicale : la prise de deux substances dont le mélange s’avère mortel. Ce qui reste incompréhensible, c’est qu’une autopsie n’ait pas déterminé la cause du décès.

L’hypothèse du banal suicide n’est certainement pas à rejeter. On peut considérer que le drame de Marilyn commence le 1er août 1957 lorsque, mariée à l’écrivain Arthur Miller, elle fait une fausse couche. Suivie d’une deuxième, en décembre 1958. Alors, elle plonge dans les médicaments et, en 1960, elle consulte un psychiatre, Ralph Greenson.

En juillet 1960, elle est hospitalisée pendant dix jours. Le 16 novembre 1960, pendant le tournage du film Les désaxés, sujet écrit pour elle par son mari, son partenaire, Clark Gable, meurt à 59 ans d’un arrêt cardiaque. La presse reproche à Marilyn de l’avoir tué par ses caprices de diva et son humeur changeante. Elle culpabilise. Ses visites chez le psychiatre deviennent quotidiennes. Le Dr Greenson va jusqu’à lui choisir sa gouvernante : Eunice Murray est une ancienne infirmière psychiatrique.

En consultation, jusqu’à la fin, Marilyn parlera de Clark Gable. Son autre grand sujet de préoccupation : son image ! Elle voudrait qu’on la reconnaisse comme une vraie actrice. Elle rêve de jouer du Shakespeare au théâtre !

En 1962, Marilyn est déçue quand la Fox lui propose encore un film léger, Something’s got to give. On lui avait promis un rôle dense mais on l’a fait tourner nue dans une piscine.

La coiffeuse de la star affirmera qu’en fin juillet, Marilyn lui a dit qu’elle venait de se faire avorter. Ce qui est certain, c’est qu’elle a consulté au moins deux médecins pour que chacun lui fournisse un maximum de somnifères.

Le samedi 4 août 1962, elle a travaillé dans son jardin, vu son psychiatre et elle s’est promenée le long de la mer avec un ami, l’acteur Peter Lawford, qui est le beau-frère de Kennedy. Elle a aussi revu, secrètement, Robert. Vers 19 h 45, Lawford lui a téléphoné et elle semblait déprimée. Elle tenait des propos confus. Inquiet, il a rappelé à 20 h 30. La gouvernante l’a rassuré : “Elle dort. Tout va bien.”



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