Mickey Rourke ne veut pas laisser filer sa deuxième chance


Le Rocky du catch


BRUXELLES Darren Aronofsky (Pi, Requiem for a dream, The fountain) a bien fait d'opter pour le cinéma plutôt que pour la diplomatie. Si l'on en croit Mickey Rourke, les mots qu'il a utilisés pour l'engager dans The Wrestler sont assez sidérants.

"Darren Aronofsky m'a dit : Tu es un grand acteur qui a bousillé sa carrière et que plus personne ne veut engager. Tu feras tout ce que je te dis, tu ne me manqueras pas de respect et tu ne sortiras pas la nuit. Je me suis dit : Il doit avoir beaucoup de talent pour oser me parler sur ce ton."

Il s'est aussi reconnu dans la description de Randy Le Bélier : "Mon personnage est un laissé- pour-compte, vivant dans un mobil-home. Sa femme l'a quitté. C'est un rêveur qui vit dans la honte. J'ai fait le parallèle avec ma propre vie il y a 15 ans où les choses n'ont pas très bien marché. "

Méfiant , le cinéaste s'est arrangé pour que rien ne puisse déraper. "Darren a fait installer un ring dans son bureau où je me suis entraîné deux heures par jour. Au début, c'était très dur parce que je viens de la boxe. En boxe, il faut être aussi rapide que possible et affronter son adversaire sans qu'il ne devine vos coups. En revanche, dans le catch, tous les gestes sont chorégraphiés et réglés, comme dans un ballet ."

L'exercice s'est révélé ardu. "Je ne pensais pas qu'on pouvait autant souffrir. J'ai même dû passer trois IRM en l'espace de deux mois."

D'évidence, l'épreuve lui a redonné confiance en lui. "Avec The Wrestler, Darren Aronofsky m'offre une vraie seconde chance. Cette fois, je ne peux pas la manquer. Je vais leur montrer, à ces enfoirés, que je ne suis pas fini ! Et je vous le dis : je vais décrocher un Oscar ! "



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