Sa réalisation, Money Monster, flingue les institutions financières et les médias de manière très divertissante.

Avec Lee Gates (George Clooney), les infos économiques ne sont jamais tristes. Il danse comme un rappeur, fait sonner des jingles et annonce, comme un grand gourou des finances, les actions à acheter sans risque. Kyle a suivi ses conseils. Et perdu toutes ses économies. Il veut comprendre pourquoi et prend donc l’animateur en otage en direct. Pour les policiers, il faut tirer dans le tas. Seule sa productrice (Julia Roberts) tente d’aider l’insupportable prétentieux.

Véritable préfiguration de ce que pourrait devenir l’Amérique sous Donald Trump, Money Monster flingue autant les institutions boursières que les médias. "C’est d’abord un thriller, mais avec beaucoup de couches, explique Jodie Foster. C’est un film de studio à budget modeste, intelligent, qui a du sens, qui présente une voie différente. On ne fait plus de films comme ça aujourd’hui. On essaie de présenter un certain ressenti, sans manipulation, et cela est plutôt rare."

À l’origine, elle pensait pourtant aborder Wall Street et les pratiques financières internationales sur un autre ton. "Nous pensions faire un film plus satirique mais au fil du temps, nous avons apporté des éléments des informations du monde actuel." Car à ses yeux, tout le monde est finalement responsable de ce qui se passe. "La chose la plus intelligente qu’on dit dans le film, c’est : Vous ne vous plaignez pas quand vous gagnez de l’argent (grâce à la bourse) mais uniquement quand vous en perdez . Et c’est vrai. Nous sommes tous un peu complices de ce système financier inéquitable."