La Motte-Sainte-Roseline ne doit pas éveiller chez vous des souvenirs vivaces à moins que vous habitez le Var (France). Par contre, si vous êtes un amateur averti et attentif des films de Louis de Funès, la garde de ce petit village de 2.800 habitants va davantage titiller votre mémoire visuelle.

En effet, ce bâtiment qui supervise un passage à niveau a été l’objet de scènes cultes dans deux films tournés par le comique préféré des Français. Si l’une est passée quasi inaperçue dans Le Gendarme se marie en 1968 (où le nom de la gare est même visible), c’est surtout Le Corniaud qui a fait la réputation de l’endroit.

En chasse de Bourvil alias Antoine Maréchal et sa Cadillac trafiquée, Louis de Funès alias Léopold Saroyan est stoppé net dans sa course poursuite par… ce fameux passage à niveau. La gare y apparaît dans de nombreux plans. Notamment avec un panneau routier indiquant la direction de Carcassonne et le kilométrage restant. Elle est prétendûment à 15 kilomètres alors que la distance réelle est très nettement supérieure (environ 170 bornes).


Aujourd’hui, la SNCF, l’équivalent hexagonal de la SNCB, veut démolir l’édifice, fermé depuis 1990, car le passage a niveau toujours existant pour des trains de marchandises a été automatisé.

Apprenant presque par hasard la nouvelle, le maire de La Motte-Sainte-Roselyne Valéry Marcy est monté aux barricades pour sauver « la gare du Cornaid ». Dans un courrier auprès de l’institution, il se dit prêt à acheter la gare pour un euro symbolique et envisage de l’animer autour de Louis de Funès en collaboration avec le musée consacré à l’acteur à Saint-Raphaël également dans le Var.