Découvrez le palmarès de la Mostra de Venise.

"Desde allà", du réalisateur vénézuélien Lorenzo Vigas, histoire âpre de la rencontre entre un quinquagénaire et un adolescent sur fond de sexe et de solitude, a reçu samedi soir le Lion d'Or du meilleur film à la Mostra de Venise. Ce film au rythme lent, marqué par les contrastes entre un monde intime aride et un extérieur plein de vie, avait été longuement applaudi jeudi en projection de presse et faisait partie des favoris.

L'Amérique du Sud a été à l'honneur puisque le Lion d'Argent du meilleur réalisateur est revenu à l'Argentin Pablo Trapero pour "El Clan".

"L'Hermine", l'un des trois long-métrages français en compétition, a été quant à lui doublement primé, Fabrice Luchini recevant la coupe Volpi du meilleur interprète masculin, et son réalisateur, Christian Vincent, le prix du meilleur scénario.

Le prix d'interprétation féminine est allé à l'Italienne Valeria Golino, pour son rôle d'une mère courage dans "Per amor vostro" de Giuseppe M. Gaudino.

Et le film d'animation "Anomalisa", réalisé selon le procédé du "stop motion" et co-dirigé par le génial scénariste Charlie Kaufman ("Being John Malkovich", "Eternal sunshine of the spotless mind") et Duke Johnson, a reçu le Grand Prix du jury.


"L'Hermine" de Christian Vincent doublement récompensé

"L'Hermine", du Français Christian Vincent, a été doublement récompensé samedi soir à la Mostra de Venise par le prix du meilleur interprète, pour Fabrice Luchini, et par celui du scénario.

Fabrice Luchini y campe un magistrat bourru et aigri qui va se révéler plus humain qu'il n'y paraît au contact d'une femme aimée autrefois, jurée du procès en assises qu'il préside.

"Je suis bouleversé par le prix que vous m'avez donné, grazie mille, un prix à Venise, c'est la plus belle récompense possible", a réagi l'acteur, en tournage en Normandie (ouest), dans un message vidéo, en rappelant son attachement à l'Italie, hérité de son père né à Assise.

Son interprétation avait été unanimement saluée par la critique et le public.

Le film évoque une session d'assises à Saint-Omer (nord de la France), présidée par Xavier Racine : ce magistrat "aigri, réac, misanthrope", comme le qualifie l'acteur français de 63 ans, y va en traînant la patte car il a la grippe.

Alors que sortent un à un les noms des jurés du procès pour infanticide que Xavier Racine va présider, l'un va retenir son attention : celui d'une femme qu'il a aimée autrefois et n'a jamais oubliée.

A ses côtés pendant toute la durée du procès, cette femme, interprétée par Sidse Babett Knudsen, va le ramener à la vie et lui apprendre la compassion.

La force du film est d'arriver à mêler l'histoire de cet amour (re)naissant à celle du procès, dont tous les rouages sont minutieusement reconstitués.

Une réussite que le jury de la 72e édition du festival vénitien, présidé par le Mexicain Alfonso Cuaron, a tenu à saluer en remettant à Christian Vincent, également scénariste, le prix du meilleur scénario.

"Je suis très ému d'être primé par mes pairs", a affirmé sur la scène du palais des festivals le réalisateur français ("La discrète").