Cinéma D’après Bloomberg, le géant de la SVOD envisagerait de rétribuer les cinéastes en fonction des audiences ou des prix.

Le monde des nouvelles technologies tourne plus vite que les autres. Voici douze ans, Netflix révolutionnait complètement le marché mondial de la vidéo à la demande, au point de s’y imposer comme le leader ultradominant avec ses 152 millions d’abonnés.

La formule a fait ses preuves. Mais aujourd’hui, le géant de la SVOD est amené à s’adapter s’il ne veut pas se faire tailler en pièces par la concurrence de Disney +, HBO Max, Amazon Prime et Cie. Et pourrait remettre en cause un des principes de base de son modèle économique. Selon Bloomberg, qui cite des sources très haut placées, Netflix envisagerait de rétribuer les réalisateurs en fonction des chiffres d’audience ou des trophées récoltés dans les festivals. Alors que jusqu’à maintenant, la plateforme de streaming finançait ou achetait des programmes pour un prix fixe, sans le moindre bonus possible en fonction du succès. Les producteurs s’y retrouvaient, sûrs de leurs rentrées financières à l’avance, mais ne pouvaient espérer de gain supplémentaire comme c’est le cas avec les sorties cinématographiques.

Ce changement peut paraître mineur, mais son impact pourrait être très important. De la sorte, Netflix espère attirer les grands cinéastes en les rétribuant mieux et forcer la main des festivals qui ont tendance à la snober. Mais cela obligerait aussi la société à communiquer ses chiffres d’audience et, sans doute, rapidement à offrir le même système aux comédiens. Tout cela alors que les dépenses pour les fictions augmentent et que les rentrées financières risquent de diminuer en raison de l’arrivée de nouvelles plateformes.

Pour l’instant, tout le monde pratique la fuite en avant financière. Mais il semble de plus en plus probable que certains participants resteront rapidement sur le carreau.