Business EuropaCorp passe sous pavillon américain. Le cinéaste en reste le directeur artistique.

Après la pitoyable cérémonie des César et les règlements de comptes au vitriol entre stars, le cinéma français vient d’enregistrer un nouveau coup dur. EuropaCorp, un des rares studios hexagonaux à grandes ambitions internationales (Le Transporteur, Trois enterrements, Taken, Hitman, Les petits mouchoirs, Kursk, Un monstre à Paris, Malavita, Lucy…), vient de passer sous pavillon américain. Criblé de dettes, il est désormais contrôlé à 60,15 % par le fonds d’investissement Vine selon un accord qui devrait être validé en mai par le tribunal du commerce.

Luc Besson, qui détient encore 10,6 % des actions, perd son poste de P.-D.G. et se retrouve directeur artistique. Avec un salaire diminué de moitié. Ce qui lui laisserait quand même toujours la coquette somme de 600 000 $ par an, d’après Le Parisien .

Mais, selon Le Monde, il aurait assez habilement négocié son changement de statut. À ses émoluments s’ajouteraient un million $ annuels "d’indemnités d’expatriation" et 1 % des actions de la société pendant cinq ans en plus de ses droits d’auteur.

En plus d’éponger le passif financier, Vine garantit aussi "un nouveau financement d’un montant de 100 millions de dollars pour assurer la production des films futurs" .

L’objectif sera de "se recentrer sur son cœur de métier" à savoir "des films de genre action/sci-fi à budget maîtrisé" (deux anglophones, un francophone par an) et "des séries TV en langue anglaise à fort potentiel international, à l’instar de Taken" . Rien de bien différent, donc.