Nous avons vu La Belle et la Bête, l’adaptation live du dessin animé Disney qui sortira en salle le 22 mars.

"Histoire éternelle, qu’on ne croit jamais, de deux inconnus qu’un geste imprévu rapproche en secret…" Oubliez Libérée, délivrée, un autre air entêtant va résonner dans la maison, chanté à tue-tête par les petits tout comme le faisaient leurs parents en 1991, lors de la sortie de La Belle et la Bête.

Le studio aux grandes oreilles revisite en effet ses classiques du dessin animé, avec de vrais acteurs et beaucoup d’effets spéciaux. Après Maléfique, Les 101 Dalmatiens, Alice au pays des merveilles ou Le Livre de la jungle, et en attendant Mulan, Dumbo, La Petite Sirène ou Pinocchio, voici La Belle et la Bête. Que nous avons vu hier, en prévision d’une sortie le 22 mars.

NOTRE AVIS : 2 étoiles sur 5

Dans un premier temps, l’enchantement se mélange à une pointe d’incrédulité. Les chansons, identiques, recréent la magie du cartoon, tandis que les objets parlants ne possèdent pas tout à fait le même charme que Lumière, Mme Samovar et Big Ben animés. Puis, le regard se porte sur le château, d’une beauté inouïe. Ou sur Emma Watson, dont la fraîcheur fait merveille. Ou encore sur la Bête, aussi réussie que celle de 26 ans sa cadette.

Comme la mise en scène respecte le modèle original, on se retrouve très vite sur des rails, émerveillé par un des plus beaux contes utilisés par Disney. Puis, Bill Condon apporte des éléments de surprise. Au cours des 38 minutes d’images supplémentaires (le film dure 2 h 9), le passé des protagonistes est passé en revue. Maurice, le père de Belle, n’a pas élevé seul sa fille par choix. La vie n’a pas été tendre avec lui et sa femme adorée. La Bête n’est pas non plus qu’une immense boule de poils et de mauvaise humeur. Si le prince a perdu son empathie et sa douceur de vivre, il y a une bonne raison à cela et elle ne plaira pas nécessairement aux parents trop sévères.

Gaston, magnifiquement campé par Luke Evans, n’est pas qu’un gros abruti vaniteux et narcissique comme dans le dessin animé. Il peut se montrer bien plus cruel que sur celluloïd. Enfin, Lefou, son fidèle compagnon, éprouve manifestement plus que de l’admiration pour le musclor, qu’il appelle "Chouchou". Tout comme un combattant heureux de se retrouver habillé en robe, il apporte un décalage gay sans jamais tomber dans la caricature. À l’image d’une adaptation attachante, qui fait préférer la Bête au prince ou les objets à leur version humaine. Comme dans le dessin animé. Craquant.

Les bêtes polémiques

La Belle et la Bêtene sera pas présenté dans certains cinémas américains. Et peut-être non plus en Russie. La raison ? Deux personnages de l’adaptation du dessin animé sont gays. Et ça, pour certains propriétaires de salles, c’est incompatible avec leur foi. Le réalisateur Bill Condon a réagi en estimant que les polémiques étaient "exagérées" et que le film s’adressait à tout le monde.

Comme si cela ne suffisait pas, Emma Watson, qui incarne pourtant selon ses dires une "héroïne moderne et progressiste", s’est fait durement attaquer aux USA pour avoir posé seins nus. Ce serait incompatible avec le féminisme. "Le féminisme, c’est la liberté et l’égalité, je ne vois pas ce que me seins ont à voir avec ça", a-t-elle répliqué, manifestement offusquée.