Le rire est seul au rendez-vous

BRUXELLES L'adaptation du best-seller de Brett Easton Ellis a dû faire fantasmer plus d'un producteur californien et... décourager plus d'un réalisateur ! Tous les noms ont circulé à propos de celui qui incarnerait le tueur en série figurant au centre de ce récit très controversé. Leonardo DiCaprio aurait ainsi refusé une fortune au lendemain du triomphe rencontré par Titanic...

Finalement, c'est une réalisatrice parfaitement inconnue qui s'est lancée dans l'aventure, avec comme acteur principal Christian Bale, dont les cinéphiles se souviendront qu'il fut le jeune gamin, héros de L'Empire du Soleil, qui doit être le film le moins connu de Steven Spielberg.

American Psycho fait partie de ces films qui ne se racontent pas, car tout y est en principe une affaire d'ambiance, de climat, d'atmo- sphère. Sachons simplement que le dénommé Patrick Bateman (Christian Bale) est un richissime courtier de Wall Street vivant dans le luxe au milieu d'un cercle de copains du même acabit. Il a une secrétaire dévouée (Chloe Sevigny) et une fiancée très B.C.B.G. (Reese Whiterspoon). Le hic, c'est que, le soir venu, le gaillard prend un malin plaisir à occire tout ce qui lui tombe sous le regard : un clochard, un rival en Bourse, une prostituée...

En matière d'ambiance, American Psycho n'atteint pratiquement jamais son but, qui devrait être de nous faire peur ! Les amateurs d'effusions sanguines, de dépeçages détaillés et de têtes qui volent seront... horriblement déçus. La faute à la réalisatrice, qui a ouvertement joué la carte du soft, ce qui va carrément à l'encontre du marché hollywoodien. Tout est à peine esquissé, filmé de loin, d'une caméra qui préfère s'attarder sur d'autres détails, du genre after-shave, cravates, costumes, cartes de visite, menus de restaurants. En fin de compte, le film de Mary Harron finit carrément par faire rire aux éclats.