Space Cowboys: Embarquement immédiat pour 2 h 10 de bonheur

BRUXELLES Après les cochons, voici Les papys dans l’espace, film qui, s’il n’est pas aussi délirant que les séquences imaginées par les créateurs du Muppet Show, est en tout cas aussi rigolo. Mais pas seulement. Car Eastwood, ce vieux briscard, a plus d’un tour dans son sac, d’une corde à son arc, etc. pour nous faire passer du rire aux (presque) larmes, le temps d’un séduisant voyage dans la galaxie. Lui et ses potes – Tommy Lee Jones, Donald Sutherland et James Garner – s’y amusent comme quatre gamins qu’ils ne sont plus depuis quelques années déjà et leur bonheur est furieusement communicatif...

Car avant d’être de respectables messieurs aux cheveux gris, ces quatre lascars ont été des cracks de la Nasa, à ses débuts. Frank Corvin, Hawk Hawkins, Jerry O’Neill et Tank Sullivan, en 1958, étaient ceux sur qui la Base Edwards misait tous ses espoirs. Sauf qu’à quelques encablures du grand voyage dans l’espace, la Nasa décide que le premier astronaute américain sera un charmant chimpanzé.
Quarante-deux ans plus tard, les quatre hommes s’en sont allés vers d’autres cieux, suivre d’autres destins. Frank (Eastwood) coule une retraite paisible, Hawk (Tommy Lee Jones), le jeunot de la bande, organise des baptêmes de l’air très remuants, Jerry (Sutherland) est ingénieur et répare des montagnes russes. Quant à Tank (Garner), il est pasteur dans une petite ville du Sud. Quand leur ancien supérieur, Gerson (James Cromwell, l’éleveur de Babe), contraint et forcé, fait appel à Frank pour sauver un satellite russe en détresse, celui-ci n’hésite pas à imposer ses desiderata: oui il veut bien tout mettre en œuvre pour que le satellite ne vienne pas s’écraser sur terre. Mais uniquement si c’est lui qui part dans l’espace. Et accompagné de ses trois camarades, évidemment...

En se moquant gentiment de leurs rhumatismes, de leurs lunettes à double foyer et de leurs cœurs qui s’essoufflent, Clint Eastwood dote ses personnages d’un capital sympathie rarement égalé ces dernières années. Si bien qu’on en oublie rapidement ce qui mène ces cowboys-là dans une navette à quelques milliers de kilomètres de la terre. A dire vrai, si toute la partie en apesanteur de ce film est bourrée de poésie, l’action, elle, laisse finalement indifférent, sans jamais, pourtant, ôter son charme et son humour à la dernière merveilleuse partition de Clint. Fly me to the moon, y chante Sinatra. On embarquerait volontiers avec lui!