Cinéma Omar Sy retrouve les réalisateurs d’ Intouchables pour Samba

Trois ans après Intouchables , Omar Sy retrouve Olivier Nakache et Eric Toledano avec un plaisir évident dans Samba. Un film qu’il est venu présenter tout sourire à Bruxelles.

À force de changer tout le temps d’identité, Samba craint d’oublier qui il est. Finalement, il y a pas mal de rapports entre les sans-papiers et les comédiens…

(Rire) "Bien sûr. C’est excitant pour un acteur de jouer un personnage qui possède plusieurs identités et qui joue plusieurs personnages. Dans le challenge que je m’étais fixé, avoir cette difficulté supplémentaire du film dans le film était intéressant. Effectivement, il y a un parallèle."

Et un gros travail sur la voix…

"C’est vrai. On parle souvent de l’accent mais la voix est aussi changée. Dans la mienne, il y a une espèce de sourire naturel que j’ai gommé. L’accent est aussi différent : quelqu’un qui vit depuis 10 ans en France ne peut pas parler comme moi. Pour le rendre crédible, il fallait proposer un accent."

Le lien entre tous les films de Nakache et Toledano, c’est la débrouillardise, non ?

"Oui. C’est aussi un film sur le travail aujourd’hui dans notre société. On court tous après. Mon personnage a quitté son pays et se retrouve en situation irrégulière pour travailler. Alice, jouée par Charlotte Gainsbourg, a un travail mais s’est perdue dedans. Elle devient dépressive à cause de la pression. Aujourd’hui, quelle est la place du travail ? Il faut se poser des questions. On est prêt à tout pour en avoir mais est-ce que le bonheur est là ? C’est aussi un film sur la précarité, les ouvriers, la lourde tâche et la démerde, mais aussi beaucoup sur l’humanité, la solidarité et l’espoir."

Il y a un parallèle entre Samba et vous ?

"Si mon père n’était pas venu en France et était resté au Sénégal, j’aurais pu être Samba et avoir cette envie de venir. Mais c’est tout. Mon père est arrivé en 62 dans d’autres conditions. Il n’y avait pas de problème de papiers, du travail il y en avait à la pelle : on pouvait démissionner le matin et trouver du travail l’après-midi tant il y en avait. C’est une autre époque."

Vous avez le contact facile ?

"J’essaie d’être ouvert un maximum et partir du principe qu’on peut être tous copains. Après, je peux changer en cours de route. Je préfère ça que l’inverse."

Qu’en est-il de votre projet de réalisation ?

"C’était l’écriture d’un scénario avec Fred, mais cela n’allait pas jusqu’à la réalisation. On voulait juste l’écrire. Longtemps on a attendu qu’on nous propose quelque chose d’intéressant au cinéma. On a donc fini par se dire qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même et qu’on allait donc écrire notre script. Mais même nous-mêmes, nous n’arrivons pas à nous servir. Nous avons du mal à l’écrire. La réalisation, je n’y pense pas : j’ai trop de respect pour la tâche. C’est tellement énorme que je ne m’en sens pas capable aujourd’hui. Au moins la première fois, il faut quelque chose dans les tripes ou dans le sang. Il faut que ce soit viscéral. C’est en tout cas la seule manière pour moi. Il faudrait un sujet que je ne puisse confier à personne d’autre. Ce n’est pas le cas pour l’instant."


La bande-annonce de Samba