Interview exclusive à Cannes d’Omar Sy, la voix de Red, le plus fâché des Angry Birds.

Ce n’est pas (encore) à mettre sur le compte du champagne insuffisamment accompagné de caviar et de foie gras, mais les oiseaux sont bizarres à Cannes cette année. Qu’ils soient rouges, passe encore. Plus d’un mètre quatre-vingt sous la crête, cela devient déjà plus inquiétant. Mais qu’ils râlent tout le temps et avec la voix d’Omar Sy, encore bien, là, c’est carrément dingue.

Un shot de vodka n’y change rien. Les faits sont là : avant même l’ouverture du Festival par Café Society de Woody Allen ce mercredi soir, les Angry Birds lui ont déjà volé la vedette. Et cela fait bien rire Omar Sy, qui nous a accordé une interview exclusive sur la plage à cette occasion.

"Pour l’instant, au cinéma, on ne me propose jamais de jouer les râleurs, et c’est donc le moyen de montrer que je peux aussi le faire. C’est agréable de répondre sèchement, avec un peu d’agressivité, froidement. C’est une belle expérience parce que je n’arrive pas à être comme ça dans la vie. Ce n’est vraiment pas ma nature. Cela dit, je pense qu’on n’est jamais trop gentil. Ni jamais trop quelque chose : on est ce qu’on est, c’est tout. L’animation permet aussi les excès, le surjeu, tout ce qui est interdit sur un plateau et j’adore ça, tout lâcher (rire) . C’est comme prendre une douche : je devrais faire de l’animation entre chaque projet pour me laver du personnage que je suis en train de quitter. C’est un bon exercice et, en plus, c’est récréatif."

Désormais, pour les enfants, vous aurez la voix de Red à jamais…

"Cela va être amusant. Je suis curieux de voir leur tête quand ils entendront la voix (rire) . Pour une fois, je vais pouvoir râler en rue (rire) . Non, je ne pourrais pas…"

Vous jouiez aux Angry Birds ?

"Oui. On a tous perdu du temps à éclater tous ces cochons, non ? Je n’étais pas mauvais, mais certains jours, ça allait en deux minutes. Et parfois, je bloquais pendant des semaines. Moi, mon préféré, ce n’était pas Red mais Bombe, parce qu’il cassait tout (rire) . Pour se sortir de la panade, c’est pratique."

Vous allez faire la fête sur la Croisette ?

"Hélas non. Je ne fais que passer. Le travail m’attend. Je ne monterai donc pas les marches. Mais ce festival compte beaucoup pour moi. C’est ici que j’ai commencé sur Canal +, voici 18 ans. C’est ce qui m’a donné envie de faire ce métier. C’est donc un retour aux sources pour moi. Mais de l’autre côté de la barrière. Pour boucler la boucle, il faudrait venir un jour avec un film en compétition."

Quels sont ces projets qui vous accaparent pour l’instant ?

"On fait la post-synchro de Demain, tout commence . J’y joue un père qui élève sa fille seul. Après, ce sera la promo d’ Inferno de Ron Howard, dans lequel j’incarne Bruder… J’ai adoré tourner à Florence, et avec Tom Hanks encore bien. C’était la première fois que je m’y rendais : c’est une ville sublime. C’est important pour moi de varier très fort les rôles, pour ne pas être identifié à un personnage ou enfermé dans un seul genre. J’ai envie de rester libre et de faire plein de choses juste pour m’amuser. Plus je fais des choses différentes, plus j’apprends."