Cinéma Jean Dujardin l’a annoncé : le tournage de la troisième aventure du James Bond franchouillard débutera en septembre.

"En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées." Lancée en pleine crise pétrolière, en 1976, cette déclaration fait depuis quasiment office de devise nationale dans l’Hexagone. Avec une actualisation quelque peu surprenante, une quarantaine d’années plus tard. Car en 2019, en France (où le carburant ne jaillit toujours pas du sol), on n’a pas de super-héros, mais on a OSS 117.

Treize ans après avoir fait subir à l’Égypte une nouvelle plaie (Le Caire, nid d’espions) et une décennie après avoir combattu les nazis au Brésil (Rio ne répond plus), Hubert Bonisseur de La Bath va reprendre du service. La nouvelle a été annoncée par Jean Dujardin lui-même via Twitter : "Je vais bien rigoler en 2019 #OSS3 écrit par Jean-François Halin. Tournage en septembre #J’aime 2019. # Narcissique."

Bon, a priori, cela ne doit pas empêcher les terroristes de l’EI ou les kamikazes de tout poil de dormir à poings fermés sur leurs deux bombes. La réputation du James Bond franchouillard est quand même très loin d’égaler celle d’Iron Man, Captain America, Hulk ou la Veuve Noire.

À sa décharge, le Lucky Luke des erreurs judiciaires/Mélenchon de la diplomatie calme/Ribéry du féminisme et de l’arbre généalogique (biffez éventuellement les mentions inutiles) sévit uniquement dans le passé. En 1955 pour sa première aventure cinématographique et en 1967 pour la deuxième. En suivant cette logique, il devrait s’attaquer aux ennemis de la France dans les années 70, au rythme de Sheila, Gérard Lenorman, Pierre Bachelet ou Alain Barrière.

Autant dire que son scénariste habituel, Jean-François Halin, a tout intérêt à prévoir des pantalons pattes d’eph’ et des tenues de soirées brillantes à facettes disco dans sa garde-robe. Mais rien ne dit, pour l’instant, que les nouveaux exploits du prétentieux inculte seront immortalisés par Michel Hazanavicius. Le premier projet de scénario ne l’avait en effet pas emballé.

Quel que soit le réalisateur, le succès devrait être au rendez-vous. Le Caire, nid d’espion avait attiré 2,3 millions de spectateurs en France, et Rio ne répond plus 2,5 millions. En France, on n’a pas de pétrole, mais on aime les suites.