A Hollywood, comme malheureusement dans de très nombreux secteurs, on a tendance à ne faire confiance qu'aux formules qui ont fait leurs preuves; Et à démolir d'office celles qui n'ont pas rencontré de succès. Ainsi, quand dans les années 90, les scénaristes Ted Elliott et Terry Rossio proposent une histoire basée sur une attraction du parc, elle est rejetée sans ménagement: les histoires de pirates n'intéressent plus personne, comme la démontré le flop monstrueux de L'île aux pirates.

Sept ans plus tard, Gore Verbinski revient à la charge avec le même projet, avec des accents plus fantastiques et humoristique, il reçoit la même fin de non-recevoir. Jusqu'à ce que Jerry Bruckheimer parvienne à les convaincre de l'originalité du projet.

Un épisode dont le cinéaste se rappelle très précisément. "Je me souviens qu'en expliquant le film à Hans Zimmer (le compositeur, ndlr), il m'a dit: Mais tu es fou ! Tu vas tourner un film de pirates ? Personne ne veut voir un film de pirates ! C'était une façon retentissante de me dire: C'est la pire idée de tous les temps ! Et c'est ça qui était excitant. Ce film semblait tellement voué à l'échec. On s'apprêtait à aborder un genre qui n'avait plus aucun succès, plombé par tant de preuves historiques démontrant que cela ne marchera pas.Forcément, cela rend tout le monde nerveux. Le studio était nerveux. Tout le monde était nerveux à propos de la prestation de Johnny Depp ou de l'histoire. C'était compliqué: ils devaient rendre le trésor, puis le reprennent et sont maudits. Tout dans ce film semblait empreint d'un esprit de folie."

A l'arrivée, en 2003, ce fut pourtant un triomphe, avec un box-office de 640 millions de dollars, pour un budget de 140 millions de dollars. Et tous ceux qui avaient prédit le désastre du film se sont empressés d'en commander la suite. Comme quoi, il ne faut pas toujours écouter ceux qui croient tout savoir.