Dans The Matador, qu'il a produit, l'ex-Bond dévoile un goût prononcé pour l'autodérision

ENVOYÉE SPÉCIALE EN FRANCE CATHY TROGRANCIC

DEAUVILLE Back to Deauville ! Six ans après être venu présenter L'affaire Thomas Crown, Pierce Brosnan était de retour sur les planches deauvillaises avec The Matador («Même les tueurs ont besoin d'amis »), projeté en avant-première européenne. Dans cette comédie déjantée du réalisateur Richard Shepard (Oxygen, Inside Out), l'acteur n'hésite pas à opérer un virage à 180° pour camper un tueur à gages solitaire, alcoolique, parano, botté et... moustachu. Une moustache qui a désormais cédé la place à un bouc poivre et sel, qui n'est pas sans donner à Mister Pierce un p'tit air à la sir Connery, autre illustre interprète de James Bond. Mais pour l'un comme pour l'autre, la saga, c'est bel et bien terminé. «Sans regret», a confié P. Brosnan lors d'une rencontre avec la presse. Morceaux choisis.

Son rôle dans The Matador

«Pour construire le personnage -très coloré- de Julian Noble, j'ai demandé conseil à un ami qui est dans la police à Los Angeles. J'ai aussi passé pas mal de temps avec des psychopathes sympas. Non, je plaisante... Richard, le réalisateur, m'avait déjà fourni l'essentiel en me confiant un scénario très fouillé. J'ai été séduit par la dimension théâtrale et subversive de ce rôle. Je me suis complètement laissé aller.»

Un véritable potentiel comique

«Bien qu'il y ait aussi des aspects plus tragiques, plus tristes dans ce personnage qui mène une vie solitaire dangereuse, j'ai toujours appréhendé le film comme une comédie, avec évidemment des moments forts. Notamment celui où je traverse le hall d'un hôtel en caleçon noir et en bottes. Je n'ai eu aucun problème à tourner cette scène mais par contre le choc a été plus important pour les filles de la réception que je côtoyais depuis plusieurs semaines. Elles ont écarquillé les yeux quand elles m'ont vu me débarrasser de mon peignoir. Cela dit, il y a quand même une chose que je ne referais pas, c'est me coucher dans une m... d'âne. Ca, c'est une fois mais pas deux!»

«Bond, c'est fini!»

«J'ai vécu une décennie formidable. Mais ce n'était qu'une partie de ma vie. Il y a toujours des rumeurs, que je suis le premier à entendre. Mais je peux vous l'affirmer: aujour- d'hui, c'est fini!»

La production

« The Matador est le cinquième film sous la bannière d 'Irish Dream Time. En fait, cette aventure est née d'une passion commune et d'une forte amitié avec Beau Saint-Clair. J'ai eu envie de me lancer dans la production après mon premier James Bond, Goldeneye. Je me suis rendu compte que c'était un moment clé de ma carrière. Auparavant, j'avais déjà essayé de jouer au producteur, mais je m'étais ramassé. Le succès de Bond aidant, j'ai voulu retenter le coup. Et avec Beau, nous nous sommes jetés à l'eau, en sortant notre premier film, The Nephew (1999).»

«Bush devra, un jour ou l'autre, rendre des comptes»

«Nous habitons sur une petite planète. Cette terre, sur laquelle nous vivons, est chaque jour détruite un peu plus. Les forêts, l'eau, tout est saccagé sans que le gouvernement américain s'en soucie. C'est une honte que le président Bush n'ait rien fait. L'Amérique traverse aujourd'hui une de ses périodes les plus sombres. Et un jour ou l'autre, George Bush devra rendre des comptes. Cela dit, nous avons tous notre part de responsabilités. Tous, nous pouvons apporter notre pierre pour la conservation de cette planète. Plus que jamais, nous devons nous soucier de l'air que nous respirons, de l'eau que nous buvons. Nous devons agir collectivement. Et cela commence par faire attention, chacun à notre niveau.»

© La Dernière Heure 2005