Cela ne rigole dans le fan-club de The Mandalorian. La série de Disney + suscite un tel engouement que tout ce qui y a trait est décortiqué, analysé et commenté sans aucune concession. Au moindre faux-pas, l'artillerie lourde est sortie sur les réseaux sociaux.

The Child, plus connu du monde entier sous le sobriquet de Baby Yoda, fait montre de goinfrerie envers les œufs d'une famille extraterrestre en fin de lignée ? Il est aussitôt accusé de "génocide" (rien que ça...) ou descendu de son piédestal sans ménagement.

La digestion du petit glouton vert pas encore terminée que, déjà, une autre polémique a pris le relais. Elle concerne cette fois Gina Carano, l'interprète de l'ex- shock trooper de l'Alliance Rebelle devenue mercenaire prête à aider Mando dans ses aventures. Une campagne a été lancée sur Twitter, #FireGinaCarano, dans le but de la faire expulser de la série. La raison de cette vague d'hostilité ? Elle s'est fendue ces derniers jours de Tweets pour "arrêter la fraude (électorale) en 2020", "tirer la chasse sur les faux votes", relayer des messages contre le port du masque ou estimer que "les leaders démocrates recommandent désormais que nous portions tous les masques sur les yeux pour que nous ne puissions pas voir ce qui se passe réellement". Autant de prises de position pro Trump totalement incompatibles, pour nombre d'admirateurs, avec son rôle de femme modèle dans la série, censée marcher sur les traces de la princesse Leia. Ils se déchaînent donc pour demander son renvoi.

Sans prendre-parti sur le fond, s'il fallait donner un C4 à chaque fois qu'un comédien émet un point de vue, déclenchant la colère de ceux qui pensent autrement, il ne resterait plus grand-monde sur les plateaux de tournage, à l'exception des personnalités les plus lisses.

Alors, pourquoi s'intéresser à cette tempête dans un verre d'eau ? Parce qu'elle traduit l’apparition un phénomène qu'on connaît bien dans le milieu du foot. Il est coutume de dire qu'il existe autant de sélectionneurs d'une équipe que de supporters. Et cela commence à devenir vrai aussi en matière de fiction. Ces derniers temps ont fleuri les pétitions pour réintégrer Johnny Depp dans Les Animaux fantastiques 3 ou virer Amber Heard d'Aquaman 2. Sans résultat. Et pour cause: tout comme la sélection au foot, la création cinématographique n'a rien d'un processus démocratique. Sans être devin, cela ne changera d'ailleurs certainement pas avant que les internautes investissent quelques dizaines de millions de dollars dans la production des fictions. Gina Carano ne doit donc pas trop s'inquiéter pour son job.