Canal + Belgique étoffe son Bouquet numérique. Eurosport France et Game One débarquent le 3 octobre

LIMELETTE En mars dernier, suite à un conflit avec les télédistributeurs, Eurosport France disparaissait du câble en Communauté français de Belgique. Restait sa version internationale en certains endroits (Flandre, Bruxelles) Qui s'est désormais également volatilisée des petits écrans, juste avant ou juste après selon les cas le lancement des Jeux Olympiques. Pour les mêmes raisons: la chaîne réclame une participation des cablo-opérateurs, à concurrence d'environ 50 FB par abonnement. Une contribution nécessaire, selon le canal, afin de compenser notamment la flambée des coûts des droits pour les retransmissions sportives.

Malheureusement pour tous les frustrés des JO, c'est seulement le 3 octobre prochain que la version hexagonale d'Eurosport ressurgira dans les lucarnes belges francophones. Mais uniquement pour les abonnés au Bouquet de Canal + et de l'association Le Câble (voir ci-dessous), qui enrichit son assortiment de deux nouvelles essences: Eurosport France donc et Game One, une thématique générationnelle relativement récente (septembre 98 outre-Quiévrain) qui compte Canal + parmi ses actionnaires et qui est entièrement vouée aux jeux vidéo, le loisir branché des 10 à 25 ans.

La moins mauvaise solution?

Pour ce qui est de la chaîne sportive distribuée sur un réseau payant dans l'Hexagone (TPS, Canal Sat et le câble avec rémunérations des opérateurs) , son directeur général adjoint, Roch Pellerin, se dit heureux de ce retour en Belgique. Même si les millions de téléspectateurs potentiels d'hier sont loin. Le Bouquet comptant à l'heure actuelle 33.000 abonnés (avec un objectif de 40.000 à la fin 2000). `Lorsque nous avons été contraints de nous retirer des antennes belges, nous avons répondu à beaucoup d'appels de téléspectateurs très frustrés. Le Bouquet constituait pour nous le meilleur choix. Mais après les JO seulement: nous n'aurions pas pu financer les droits supplémentaires pour la Belgique, où aucun revenu n'est généré (ni recettes publicitaires, ni contribution des câblo-distributeurs).´

Quant à une éventuelle diffusion sur le câble, à laquelle contribuerait le téléspectateur qui choisirait l'option payante Eurosport proposée par son télédistributeur, `elle n'a pas été retenue par les câblos´, constate Roch Pellerin. `Cela aurait pu être une solution, mais nous préférons repartir sur une base solide plutôt que d'attendre stérilement. De plus, la diffusion en numérique est très importante à nos yeux. Elle permet de développer des services interactifs, dont un guide de programmes multimédia. Eurosport a besoin d'un apport marketing. Nous ne sommes pas qu'une chaîne, nous sommes une marque, avec un site Internet, un canal d'information, bientôt un Eurosport Café sur les Champs-Elysées´

L'inflation des droits de retransmission, qui engloutissent 90% de son budget, a bien entendu modifié la structure économique et la politique de la chaîne sportive. `Cela nous oblige à être vigilants, à bien choisir nos programmes, à être présents dans un maximum de pays pour répondre à une demande de plus en plus forte, et à maximiser nos recettes sur l'ensemble des territoires. On reste la chaîne thématique de sport avec de loin la plus forte programmation: le Tour de France, d'Italie, d'Espagne, les grandes classiques de vélo, l' Euro 2000, l'Uefa, le championnat de D 2 en France, les matches qualificatifs de la Coupe du Monde de football, Roland-Garros, l'US Open, l'Open d'Australie, le ski´

A côté des sports majeurs, des disciplines émergentes mais moins médiatisées sont également relayées, telles que les arts martiaux, le surf, l'équitation, la voile