Le cinéma belge a le vent en poupe pour l’instant, grâce à un Festival de Cannes exceptionnel. Le cinéaste namurois Christophe Hermans a donc bien raison d’en profiter pour dévoiler son premier long métrage, La ruche, tiré du roman éponyme d’Arthur Loustalot.

La ruche, c’est un appartement familial désordonné, vivant, dans lequel l’existence de trois filles plutôt sages s’articule autour d’une mère bipolaire (Ludivine Sagnier) larguée par son mari. Une maman capable de s’impatienter toute la journée du retour des enfants puis de les laisser tomber pour partir en virée. Un parcours en forme de montagnes russes pas toujours facile à accepter, surtout pour l’aînée, Marion (Sophier Breyer), dont les rêves voguent vers le Brésil.

Avant de passer derrière la caméra, Christophe Herman était directeur de casting et cela se sent. Ses quatre interprètes font preuve d’une justesse impressionnante, là où souvent, dans le cinéma français, les émotions sont amplifiées outrancièrement. Aussi bien dans l’humour que dans les moments d’amour envers une mère déphasée, qui devient parfois presque leur enfant, Sophie Breyer, Mara Taquin et Bonnie Duvauchelle apportent de la fraîcheur et une sincérité touchante.

Dommage que l’histoire tourne un peu en rond et que la mise en scène, tout en sobriété aussi, n’alterne pas plus les changements de rythme. On a envie de partager le quotidien de cette famille, mais la caméra nous garde trop souvent à l’extérieur, en témoins un peu passifs. C’est interpellant, tendre, humain, plus lumineux que le sujet ne le laisserait penser, mais il manque l’étincelle pour que ce soit enthousiasmant.