Cinéma

"La Faute à Voltaire", "L'Esquive", "La Graine et le Mulet" et en apothéose, "La vie d'Adèle", Palme d'or délivrée par le jury de Spielberg ; Abdellatif Kechiche est un immense cinéaste à la recherche d'une vérité à l'écran. A n'importe quel prix. D'ailleurs l'addition est souvent lourde pour les comédiennes.

Toutefois, depuis, "La vie d'Adèle", on a l'impression que le cinéaste a explosé en plein vol . On passe sur les polémiques et les procès pour en arriver à "Mektoub My Love:Canto Uno", trois heures de télé-réalité sur grand écran où il enchaîne sur un scénario distendu des scènes de baise, de boîte et de plage.

"Mektoub My Love: intermezzo", c'est donc la saison 2 projeté en Compétition à Cannes. Le principe est le même mais, cette fois, il ne s’embête plus avec un scénario et il a modifié la succession des scènes interminables : plage – boîte – baise. On parle déjà d'une saison 3 dont on imagine que l'enchaînement sera, sans doute : boîte – baise – plage.

L'indispensable scandale

La question du public ne se pose pas, il n'y en a pas. "Mektoub1" a fait 3.300 spectateurs en Belgique et "Mektoub 2" n'a pas de distributeur. En fait, "Mektoub" n'est pas un film d'exploitation, c'est un film de festival, le film qui fait scandale, ce piment absolument nécessaire pour réussir la recette cannoise. L'an dernier, c'est Godard qui faisait le job avec « Le livre d'image » complètement abscons, jamais sorti en salle, pas même en France.

Kechiche, lui, propose un fessetival de 3h30. D'abord, une fille qui pose à poil en guise de prologue. Puis, 35 minutes de plage à Sète, drague et tartinage d'huile solaire. Ensuite, 2 heures de boîte de nuit et trémoussages multiples. Enfin, 20 minutes de cunnilingus dans les toilettes pour réveiller la séance qui a commencé à 22 heures et retour en boîte pour trois quarts d'heure. Le tout se termine où l'on a commencé, sur une paire de fesses.

Dans « La vie d’Adèle », Abdellatif Kechiche était à la recherche de la vérité sexuelle de la passion notamment. Il filmait l'amour entre ces deux femmes comme une conversation physique, un corps à corps. « Pour moi, l'acte sexuel est l'expression d'un langage sans doute secret pour nous tous » nous confiait-il. « On pourrait dire un langage de « l'âme. ». Je le dis entre guillemets avec beaucoup de prudence. Et l'âme n'a pas de sexe. Quand deux êtres s'aiment, le sexe n'est qu'une expression de cette recherche de communion ».

Mais tout ce qu'on voit dans "Mektoub 2", et c'est un comble pour un cinéaste qui refuse le hors-champ; c'est un réalisateur vicelard qui abuse de son statut pour mater de la fesse fraîche.