Quelques mois après la sortie de l’épatant Soul, le studio Pixar revient à la charge avec une production de nouveau destinée uniquement à Disney +. Mais au contraire de son prédécesseur, qui misait sur la créativité à tous crins pour illustrer le parcours des âmes humaines dans notre monde et dans des dimensions qui nous sont étrangères, Luca tourne complètement le dos à tout ce qui fait la marque de fabrique de Pixar.

Graphiquement, les seules audaces dans le film d’animation d’Enrico Casarosa consistent à transformer des bancs de poissons en sortes de troupeaux de moutons aquatiques et à permettre aux "monstres" marins de prendre forme humaine dès qu’ils quittent l’eau. Pour le reste, tout est beaucoup plus enfantin que d’habitude. À commencer par les personnages, plus stylisés, moins réalistes. Pour continuer par le récit. Qui rappelle La petite sirène par bien des aspects.

Fasciné par les objets humains, Luca n’ose pas s’approcher des "monstres". Ses parents le lui ont interdit. Mais lorsque l’impertinent Alberto vient faire main basse sur ses trésors, il ne peut s’empêcher de le poursuivre. Et se retrouve à l’air libre, bien malgré lui. Dans un endroit extraordinaire, où tout semble permis et où on fabrique l’engin le plus fabuleux pour parcourir le monde, une Vespa. Mais ses parents découvrent le pot aux roses. Luca et Alberto doivent donc fuir en se glissant parmi les habitants d’un petit village où l’odieux Ercole fait la loi parmi les enfants, au grand dam de la gentille Giulia.

La suite est aussi claire que l’eau de la Riviera italienne. Pas de coup de théâtre, pas d’idée géniale : le schéma classique des films pour les plus petits est parfaitement respecté. Sans deuxième niveau de lecture pour les parents, comme de tradition pourtant dans l’équipe de Pete Docter. Avec des mots et des images très simples, Luca démontre qu’on est toujours le monstre de quelqu’un d’autre, qu’il ne faut pas se fier aux apparences et qu’il existe énormément de gens différents dans notre entourage sans qu’on le sache et sans que cela nuise en quoi que ce soit à la qualité de la vie. C’est sympa, mais pas marquant.