Pour son gala d’ouverture, le Festival international du film d’amour de Mons s’est offert la présence du réalisateur français Patrice Leconte. Ce boulimique du 7 e Art (entre autres) n’en finit pas de surprendre et surtout d’oser. Il présentait son dernier film, Une promesse, en avant-première en Belgique. Normal, le film a été entièrement tourné dans le plat pays.

Un film en moyenne par an et pourtant des grands écarts perpétuels dans les genres de films ?

"Tout le temps ! Ce qui est curieux, c’est qu’on pourrait avoir l’impression que je m’amuse à collectionner comme si je rayais des choses. Film en costumes, j’ai fait. Film d’animation, c’est fait. Ce n’est pas comme ça que ça se passe. Ça se passe sur des coups de cœur, des envies".

Un genre que vous aimez particulièrement ?

"À chaque fois, je suis revenu à raconter une histoire d’amour. Filmer le désir, occuper les silences, capter les regards, les caresses, les envies… Tout ce qui plane au-dessus de la tête des personnages comme dans ce film. Je ne vais pas dire que c’est ce que je préfère parce que j’aime tout. J’aime faire des films. Raconter des histoires d’amour, ça me plaît."

C’est ce qu’il vous a séduit dans le roman de Zweig ?

"Oui, bien sûr. Quand j’ai lu le roman et j’ai été bouleversé, vraiment ému par cette histoire. J’ai eu la possibilité de faire un film comme je les aime passionnément. Ce n’est pas tellement : est-ce que l’amour résiste au temps mais est-ce que le désir amoureux résiste au temps ? Et je trouve que c’est une question vertigineuse."

Le film a été tourné en Belgique avec des acteurs britanniques et un réalisateur français, curieux, non ?

"On ne pouvait tourner le film qu’en anglais parce qu’en français, ça aurait été ridicule. On a pensé le faire en allemand mais je ne parle pas un mot d’allemand. L’anglais est précieux. Ça a été tourné en Belgique pour une histoire de coproduction et de repérages. Je ne sais pas si on aurait pu trouver en France les lieux dans lesquels on a tourné."

Un désir cinématographique inassouvi ?

"Je n’ai pas encore de projet précis en tête mais j’adorerais, avant d’arrêter ce métier, faire un film de comédie musicale où ça chante où ça danse. Quand j’ai fait ce film d’animation ( Le Magasin du Suicide , NdlR). J’ai déjà assouvi un peu cette envie-là puisque j’ai écrit des chansons. Je voudrais maintenant filmer des gens. La chorégraphie m’excite beaucoup mais je n’ai pas encore trouvé le projet pour faire ça. Mais ça va arriver, enfin, j’espère."