La 46e cérémonie des César ne sera probablement pas la dernière de l'histoire, mais elle fait incontestablement partie de celles qui ont le plus nui à l'image du cinéma français. Et c'est d'autant plus dommage que cela survient l'année où une comédie, épatante qui plus est, reçoit enfin les lauriers suprêmes.

Reprendre toutes les critiques engendrées par la présentation de Marina Foïs durerait encore plus longtemps que l'interminable soirée d'autocélébration. Mais une voix s'élève plus haute que les autres dans la démolition en règle: celle de Brigitte Bardot. "Choquants, honteux, écœurants ces sordides César. Requiem pour des cons qui massacrent le cinéma", écrit-elle sans la moindre pitié.

Dans un registre plus nuancé, après avoir compris le geste de Corinne Masiero, qui ne l'a pas choquée, Anny Duperey a, elle aussi, témoigné de sa déception. Notamment avec la première scène, qui voit la présentatrice ramasser un étron prétendument laissé là par le chien de sa devancière, Florence Foresti. "On démarre une cérémonie qui valorise un métier, qui fait rêver les gens en principe et on commence avec une crotte, je ne comprends pas là", explique Anny Duperey. Qui a surtout été désolée de voir une actrice du talent et de la carrière de Nathalie Baye devoir répéter plusieurs fois qu'elle était une "mère de". "Je me demande comment elle s’est laissée faire. Ça me choque. C’est bas, inutile, pas vraiment drôle."

A l'image d'une cérémonie désolante, dont les mauvais sketchs ont, hélas, éclipsé le triomphe mérité d'Adieu les cons.