Akoibon. En effet, on se le demande...

BRUXELLES Pierrot lunaire un peu déjanté, adepte des longues tirades délirantes, Edouard Baer a attendu cinq ans pour repasser derrière la caméra, après l'échec critique et commercial de La bostella. Une période beaucoup trop courte, vue l'insignifiance de son nouveau film, très justement intitulé Akoibon. Un ouvrage en deux parties, dont aucune ne sauve l'autre.

Tout d'abord, les mésaventures d'un petit truand obligé par Madame Paule (Jeanne Moreau) d'enlever un ancien roi du show-biz français (Jean Rochefort, manifestement inspiré d'Eddie Barclay) qui tente de faire croire aux touristes gogos qu'il règne toujours sur les nuits de la jet-set. Un spectacle pathétique, auquel participe sa fille (Chiara Mastroianni) et son beau-fils (Benoît Poelvoorde). Un récit dénué d'attrait ou de cohérence. Les comédiens finissent par en avoir marre et... le disent à la caméra. Akoibon vire alors à la pseudo-révélation sur les coulisses d'un tournage. D'un vide sidérant, avec ses divas capricieuses plus attirées par les formes de leur partenaire que le scénario ou le respect de leurs engagements, ses figurants amateurs et ses ratés même pas capables de sortir dignement de l'écran. Le tout servi avec quelques répliques surréalistes dont le cinéaste a le secret. Les stars s'amusent d'évidence de leurs pitreries, mais ne parviennent pas à communiquer leur plaisir. Ni la moindre émotion. Ni la plus petite piste de réflexion sur le cinéma. Ni offrir une fiction structurée. Comme sujet de court métrage potache à visionner entre copains éméchés, cela aurait sans été acceptable. Mais en salle, il faut vraiment du courage pour voir ça.

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© La Dernière Heure 2005