L'ogre Tenet

L'événement ciné de la semaine, de l'été et même des six derniers mois, c'est bien entendu la sortie du dernier Christopher Nolan, "Tenet", à propos duquel vous pourrez tout savoir ici, y compris en podcast.

The New Mutants: même pas présenté

Voilà un long métrage né sous une mauvaise étoile. Depuis plus de deux ans (la sortie était programmé en avril 2018 originellement), le spin-off des X-Men ne connaît que des déboires, de dates de report en cascades en scènes à refaire car elles ne convenaient plus. Finalement, le film emmené par Maisie Williams ( Game of Thrones ) débarque bel et bien en salle, en toute discrétion, sans même bénéficier de la plus petite projection de presse. Et ça, c'est vraiment très mauvais signe. Un choix assez incompréhensible, vu le succès des aventures super-héroïques ces dernières années. Ce n'est pas ainsi qu'on aidera les cinémas, déjà en grosse difficulté,

Effacer l'historique: la détresse des ex-gilets jaunes

Habitués des productions totalement décalées (Mammuth, Le grand soir, Saint-Amour, Louise Michel,...), Gustave Kervern et Benoît Delépine poursuivent leur présentation de tous les laissés pour compte de notre société, en s'attardant cette fois sur les ex-gilets jaunes. Pour ces enthousiastes désireux de révolutionner la qualité de la vie en France, seules les galères sont au rendez-vous. Quittée par son mari et incapable de subvenir aux besoins de son fils attiré par tout ce qui est clinquant, Marie (Blanche Gardin) en est réduite à vendre ses meubles sur les sites de deuxième main. Et à oublier ses déboires dans l'alcool. Résultat: un chantage à la sex-tape de la part d'un étudiant qui a trouvé un moyen rapide de financer ses études.

La situation financière de Bertrand (Denis Podalydès) n'est guère plus brillante. Incapable de résister à la voix suave d'une télévendeuse, il s'endette en multipliant les achats inutiles. La seule à avoir un boulot parmi ces anciens potes de ronds-points, c'est Christine (Corinne Masiero). Chauffeuse Uber, elle ne comprend cependant pas pourquoi les étoiles décernées par des clients méprisants restent toujours au plus bas. Pour cette accro aux séries (cocasse pour l'interprète de Capitaine Marleau), c'est la descente aux enfers numérique.

Kervern et Delépine ont le chic pour rendre attachants tous leurs personnages, nous donner envie de les connaître, de faire un bout de chemin avec eux. Il se dégage de leur cinéma une humanité poignante, une intelligence émotionnelle qui fait souvent défaut aux productions plus spectaculaires. Mais il y a un revers à la médaille: il ne se passe pour ainsi dire rien à l'écran. Les tranches de vie sont sympas, mais plutôt répétitives. Autant dire que cela ne risque pas de concurrencer une seule seconde l'événement cinématographique de la semaine (et même de l'été), Tenet.