La vie avec mon père. Le second film de Sébastien Rose

BRUXELLES Il aura fallu plus de six mois au distributeur belge de ce très beau film canadien - pardon, québécois, pour obtenir une date dans l’agenda des sorties. Il est navrant de devoir constater que, s’il n’y a jamais eu autant de sorties de films que cette année en Belgique, il n’y a sans doute jamais eu, non plus, autant de navets, y compris dans les prétendus blockbusters.

Mais comme mieux vaut tard que jamais, la voici enfin, cette histoire singulière de deux fils adultes, contraints et forcés de recueillir leur père, un romancier qui n’a jamais écrit qu’un seul roman, et qui se retrouve pour la première fois de sa vie sans femme. Il y a malheureusement autre chose. Le gaillard est à la fin de sa vie, mais aucun des deux fistons ne le sait. D’ailleurs, ils sont très différents. L’un est directeur d’une entreprise pharmaceutique et mène sa vie de façon claire et structurée. L’autre est quelque part pire que son père. Il ne fiche rien, mais il espère pouvoir un jour publier son premier roman. Rien n’est comme ailleurs dans ce film qui transpose les relations humaines sur une autre planète. Dans son deuxième film, Sébastien Rose démontre de fantastiques qualités de narrateur et de metteur en scène. Truculent, drôle, émouvant, fascinant : La vie avec mon père est tout à la fois, dans une perspective artistique surprenante. On a rarement vu un film tirant aussi bien parti de petits détails comme la neige et l’éclairage. On a rarement vu, aussi, un film de mecs où la femme jouait un rôle aussi important, ce qui est le cas de la très belle Hélène Florent, pas perdue du tout au sein du trio formé par Raymond Bouchard, Paul Ahmarami et David La Haye. Décidément, Vive le Québec libre!