Les annonces cauchemardesques se succèdent sans arrêt pour les cinémas. Après le report de Mourir peut attendre, Jurassic World : Dominion, The Batman, Shazam 2 ou Dune, voilà que le film d’animation le plus attendu de l’année annule purement et simplement son passage par les grands écrans.

Soul, le nouveau projet très ambitieux de Pixar qui, comme son titre l’indique, se propose de dévoiler les secrets de l’âme humaine via les mésaventures d’un prof passionné de jazz, ne sortira pas en salle le 25 novembre comme prévu. Seuls les abonnés à la plateforme de streaming Disney + pourront le visionner, exactement un mois plus tard, sans devoir débourser le moindre euro supplémentaire. Un beau de cadeau de Noël pour eux, mais certainement pas pour les multiplexes.

Reprogrammer cet événement l’année prochaine n’aurait rien changé à ses perspectives de succès au box-office. Et pourtant, Disney a préféré laisser tomber cette manne financière au profit d’une diffusion gratuite sur sa plateforme. Ce qui, pour beaucoup d’observateurs hollywoodiens, révèle un changement de stratégie.

Attirer de nouveaux abonnés et conforter les anciens en leur présentant des exclusivités très attractives semble devenu soit une priorité, soit un passage obligé vers un nouveau modèle économique basé sur les visions à domicile. Dans tous les cas de figure, cela n’augure rien de bon pour les cinémas, déjà privés de blockbusters jusqu’à la fin de l’année.