Spielberg a revu sa copie E.T.

Cinéma

D. Dep.

Publié le

La guerre des mondes. Terreur et incohérences

BRUXELLES Plus d'un demi-siècle après le film de Byron Haskin qui reste aujourd'hui encore un grand classique du cinéma de science-fiction, Steven Spielberg s'est emparé à son tour du fameux roman de Herbert George Wells publié en 1898 et qui évoquait pour la première fois dans l'histoire de l'humanité une invasion de la Terre par des créatures venues d'ailleurs, en l'occurrence la planète Mars: La guerre des mondes.

Assurément, le dernier film du créateur d'Indiana Jones est sans doute le plus attendu de l'année, d'autant qu'après deux ouvrages jugés mineurs par la majorité de ses fans (Attrape-moi si tu peux et Terminal), Spielberg renoue avec le film d'action tout en retrouvant un Tom Cruise revenu à l'avant-plan suite au succès de Collateral. Autant d'éléments en faveur d'une superproduction au triomphe littéralement programmé au box-office...

Du roman original de H.G. Wells, il ne reste pourtant pas grand-chose. L'action a été resituée à notre époque, et l'attaque des extra-terrestres - jamais le vocable martien n'est utilisé... - survient sans la moindre explication ni préambule, alors qu'un homme banal et divorcé (Tom Cruise) se voit chargé de la garde de ses deux enfants, un garçon de dix-sept ans et une fille de onze ans, par son ex-femme. Emporté par l'exode d'une population terrifiée, le trio survit aux premières attaques exterminatrices de robots géants montés sur trois grandes pattes et invulnérables même aux armes les plus sophistiquées de l'armée américaine...

Dix ans après l'énorme nanar que fut Independence Day de Roland Emmerich et le très inspiré Mars Attacks! de Tim Burton, Spielberg nous refait un peu le coup du Soldat Ryan en privilégiant le regard d'un homme comme les autres sur une bataille qui se situe dès lors loin de la Maison-Blanche et du Pentagone. L'ouvrage multiplie en fait les zones d'ombre et les incohérences. Un exemple? Totalement inefficaces au début du récit, les armes des Gi's ne le sont plus à la fin, happy end oblige!

C'est dommage, car il y a par ailleurs de très bonnes choses dans cette Guerre des mondes qui fait la part belle à la terreur pure et aux effets spéciaux. Certaines séquences sont d'une intensité exceptionnelles et Spielberg, tout en reniant radicalement son concept d' ET, sait toujours aussi bien jouer avec les nerfs des spectateurs. Au niveau du casting, Tom Cruise et Tim Robbins emmènent une distribution où figurent deux rescapés du film de 1953, Gene Barry et Ann Robinson.

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© La Dernière Heure 2005

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