Munich, qui sortira le 25 janvier sur nos écrans, montre une nouvelle fois un cinéaste très à l'aise dans les récits historiques

BRUXELLES Décidément, Steven Spielberg semble plus actif que jamais. Quelques mois à peine après La guerre des mondes qui ne fit pas l'unanimité, l'auteur de Jurassic Park revient à son meilleur niveau avec Munich, un drame historique basé sur la fameuse prise d'otages qui ensanglanta les Jeux Olympiques de 1972. Rappelons que des terroristes fedayins palestiniens réussirent à s'introduire dans le village olympique pour y prendre en otage onze membres de la délégation israélienne. Le gouvernement de Tel- Aviv, alors dirigé par Mme Golda Meir, refusa toute négociation avec les terroristes et l'affaire se termina par une tragique fusillade sur le tarmac de l'aéroport de Fürstenfeldbruck. Les onze Israéliens furent abattus, de même que cinq terroristes et un policier allemand. Trois preneurs d'otages furent capturés mais libérés quelques mois plus tard suite au détournement d'un avion de la Lufthansa...

Le film de Spielberg ne s'attarde pas sur la trame de l'attentat, mais bien sur la traque des présumés responsables de celui-ci par les services secrets israéliens. L'histoire se base en effet sur le récit de l'un des membres de ce véritable commando chargé de retrouver et d'exécuter, à titre de représailles, onze personnes liées de près - ou de moins près... - à l'organisation Septembre Noir. On se rappelle que, pendant toute la durée de cette traque secrète, de nombreux attentats et détournements d'avion ont secoué le monde entier, de sorte qu'au bout du compte, la violence atteignit de véritables sommets.

Ce qui plaît énormément dans ce nouveau Spielberg, c'est la précision apportée par le réalisateur non seulement dans la narration des faits, mais également au niveau de la reconstitution historique. Soigné dans les moindres détails, l'ouvrage ne sombre jamais dans le spectaculaire à effets spéciaux ni dans la surenchère du spectacle. Munich n'est pourtant pas un film froid, puisque chaque membre du commando -Eric Bana, Daniel futur 007 Craig, Ciaran Hinds, Mathieu Kassovitz et Hans Zischler- est à tour de rôle plongé dans le doute.

C'est l'autre grande force du film, dont la conclusion reste universelle et hors de tout esprit de propagande, la violence ne faisant jamais qu'appeler la violence...

Enfin, en deux heures et trente- cinq minutes de projection, Munich nous apprend bien des choses sur le fonctionnement des services secrets de tout bord. On découvre notamment qu'un réseau français familial tuyautait le commando israélien de même que la CIA et le KGB, que l'un des hauts dirigeants de Septembre Noir était protégé par les Américains eux-mêmes - ce qui explique pourquoi les avions des compagnies US furent généralement épargnés par les détournements de vol-, et que le milieu du contre-espionnage utilisait déjà des tueurs -ou tueuses- indépendants.

Munich sortira sur nos écrans le mercredi 25 janvier.

© La Dernière Heure 2006