Steven Spielberg, qui ne fête plus ses anniversaires, veut rester définitivement "un grand gosse"

Le génie du 7e art, 68 ans, nous parle du Pont des espions, son nouveau film d’espionnage. "J’adore ce genre ! J’ai grandi avec des films comme Notre homme Flint et des publications comme Mad Magazine. Il y a eu des films traitant du sujet et plus sérieux qui m’ont marqué. Je pense notamment à Ipcress - Danger immédiat de Sydney Furie avec Michael Caine, Le secret du rapport Quiller et L’espion qui venait du froid, de loin mon film d’espion préféré."

Votre progéniture travaille-t-elle dans l’industrie ?

"Pas tous ! Sasha et Theo ont créé un groupe de musique qui s’appelle Wardell. Ils composent eux-mêmes leurs titres et se produisent en tant que chanteurs également ! Ma fille Destry prend des cours d’équitation de haut niveau au LA Masters au Civic Center. Elle sillonne les États-Unis pour faire des compétitions de saut d’obstacles. C’est la plus jeune de mes enfants. Mon bébé. Mon fils Sawyer est acteur. Max est créateur de jeux vidéo. Aucun d’entre eux ne veut devenir réalisateur !"

Pourquoi ?

"Parce que c’est un boulot très dur ! Quand ils étaient plus petits, ils trouvaient mon boulot ennuyeux. Ils ne comprenaient pas toutes ses préparatifs."

Avoir sept enfants, vous a permis d’être un meilleur réalisateur ?

"C’est l’évidence ! Ils ont boosté ma sensibilité de réalisateur. Ils ont en tout cas fait de moi un metteur en scène beaucoup plus conscient, beaucoup plus ouvert et réceptif aux souffrances du monde. Comme je le dis souvent, j’ai besoin de deux éléments dans ma vie : diriger des films et être dirigé par mes enfants ! (rires) . Ma progéniture m’a d’ailleurs beaucoup reproché d’avoir tourné des films interdits au moins de 18 ans. Des films qu’ils ne pouvaient pas voir quand ils étaient plus jeunes ! J’aimerais être aux côtés de mes enfants jusqu’au terme de leur propre vie afin de les aider, les choyer, les entourer d’affection. En ce qui concerne les aînés, je sais que nous allons faire encore un long bout de chemin ensemble… mais pour les plus jeunes, c’est différent. Ça rend très sentimental. Je sais que j’ai un âge qui ne me permettra pas de les accompagner très longtemps ! C’est d’ailleurs pour ça que j’ai décidé de ne plus célébrer mes anniversaires ! Je crois au fond que je souffre du syndrome de Peter Pan. En effet, je ne veux plus grandir et rester définitivement un grand gosse ! Mais attention : un gosse réaliste et parfois cynique sur le monde qui l’entoure."