Stéphanie Crayencour, nouvelle égérie d'Eric Rohmer

Cinéma

Dominique Deprêtre

Publié le

Stéphanie Crayencour, nouvelle égérie d'Eric Rohmer
© Vanzeveren

Cette jolie Bruxelloise tiendra le rôle vedette du prochain film du réalisateur

BRUXELLES Un vrai conte de fées... Voilà en résumé l'histoire de Stéphanie Crayencour, une jeune et (très) jolie Bruxelloise partie à la conquête de Paris, et qui, pour sa première apparition au grand écran, s'est vu offrir le rôle vedette du dernier film d'Eric Rohmer qui sera sur nos écrans dès le 12 septembre. Dans Les Amours d'Astrée et de Céladon, adapté d'un roman-fleuve du XVIIe (5.000 pages !) dû à la plume d'Honoré d'Urfé, elle incarne une bergère qui congédie son compagnon suite au mensonge d'un autre prétendant. Cet ouvrage bucolique nous replonge dans la Gaule antique, au pays des nymphes et des sortilèges, dans un style de mise en scène très apprécié par l'auteur du Genou de Claire, dont on se rappelle qu'il avait déjà adapté à l'écran Perceval le Gallois, roman médiéval de Chrétien de Troyes.

Mais revenons à notre Stéphanie qui, fraîchement émoulue de l'institut Saint-Luc à Saint-Gilles, avec un diplôme de secondaire et arts plastiques, décide de plaquer le confort d'une éducation trop bourgeoise et BCBG à son goût pour tenter la folle aventure parisienne...

"J'en avais toujours eu l'envie, depuis l'âge de quatorze ans. J'ignorais dans quel domaine je pourrais aboutir, chanson, théâtre ou cinéma... Peu m'importait. Petite, j'adorais faire rire les autres. Disons que j'avais en moi le goût de la scène. Je suis partie sur un coup de tête, car je ne connaissais personne, sinon une famille parisienne qui pouvait m'accueillir en tant que fille au pair. J'ai suivi quelques cours de danse, théâtre et musique dans une école dont j'ai trouvé l'adresse sur Internet et qui a fermé ses portes depuis. Ensuite, j'ai été repérée par une agence de mannequins. Et c'est par une connaissance qui connaissait quelqu'un qui connaissait quelqu'un que j'ai été amenée à rencontrer Eric Rohmer. Il cherchait une parfaite débutante pour son prochain film. Je ne savais pas vraiment qui était Rohmer et je n'avais jamais mis les pieds sur un plateau de tournage, pas même en tant que figurante", raconte-t-elle sur un ton qui masque à peine un enthousiasme débordant. Rohmer, un des derniers monstres sacrés du cinéma français de la grande époque, toujours actif à l'âge de ses 87 printemps qu'il a fêtés en avril dernier.

"Je me suis trouvée en face d'un adorable grand-père, mais qui sait exactement ce qu'il veut. Il y avait trente ans qu'il voulait faire ce film. Il m'a précisé qu'il avait travaillé durant trois ans rien que sur les décors et pendant deux ans sur le scénario. J'ai aussitôt été retenue parmi les candidates, et je l'ai revu plusieurs fois par la suite, sans qu'il me dise si j'étais choisie ou non. Il paraît qu'il ne dit jamais tu es prise. Un jour, il m'a appelée au téléphone et m'a dit Il va falloir que vous ne partiez pas aux sports d'hiver cette année... J'ai compris que c'était mon jour de chance."

Eric Rohmer a toujours adoré travailler avec des jeunes sans expérience. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'un rôle s'improvise... totalement dans sa façon de voir le cinéma. "Dans son bureau, il possède une petite caméra. Il m'a montré des peintures d'époque et m'a fait réciter des textes. À la lecture du scénario, j'ai travaillé avec un spécialiste de la langue française. Bref, j'ai pris des cours de diction appropriés."

Le tournage s'est effectué en mai et juin 2006, principalement dans la région des châteaux de la Loire et en Auvergne. Nous aurons l'occasion de l'évoquer lors de la sortie du film.



© La Dernière Heure 2007

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