Sylvester Stallone a pourtant réussi une carrière impressionnante alors qu’Hollywood ne croyait pas en lui.

Le parcours de Sylvester Stallone fait partie de ces histoires dont Hollywood se délecte, tant elles collent au cliché du rêve américain. Qui commence mal, comme il se doit. Pas spécialement doué à l’école, le fils d’un coiffeur et d’une astrologue tient plutôt du souffre-douleur que de la fierté de son établissement. Situation qui se répète pour ses débuts d’acteur, on ne peut plus discrets. "Quand j’étais enfant, j’étais dyslexique", a-t-il expliqué dans Gala. "À l’école, c’était très difficile pour moi car j’avais de grandes difficultés pour lire. À l’époque, les gens ne connaissaient pas le mot dyslexique et beaucoup pensaient juste que j’étais un peu simplet (rires) ! C’est la raison pour laquelle j’ai commencé à peindre. Au départ, la peinture a été un moyen pour moi de communiquer mais aussi de me représenter une histoire avant de l’écrire."

Preuve qu’Hollywood ne croit pas en son talent de comédien, lorsqu’il présente le scénario de Rocky, il doit négocier fermement pour pouvoir tenir le rôle principal. Les producteurs Irwin Winkler et Robert Chartoff ne sont pas chauds. Stallone, qui n’a que 106 $ en poche et tente vainement de vendre son chien qu’il n’est plus capable de nourrir, résiste. Les producteurs finissent par céder, mais diminuent le budget du film de deux à un million de dollars. Une affaire en or : avec 117 millions de dollars de recettes rien que sur le sol américain, Rocky prend la tête du box-office en 1976. La carrière de Stallone est lancée.

Le boxeur et Rambo lui permettent de faire main basse sur les grands écrans, mais aussi de financer d’innombrables projets dans lesquels il peut étaler ses qualités de musclor. Sans nécessairement en être satisfait. "96 % de ma vie est un échec", explique-t-il toujours à Gala. Commercialement, elle tient pourtant de la réussite inespérée. Tout ce qu’il a touché, y compris The Expendables ou les suites de Rocky, Creed, s’est transformé en or. Mais le féru d’art moderne ne s’en est jamais satisfait. Il espérait une reconnaissance de la profession. Elle n’est jamais venue. La critique l’a rarement salué, si ce n’est dans le premier Rocky et pour Cop Land. Dur, pour un comédien qui a fait rêver pendant quatre décennies tous les fans de films d’action.