Ce sera noir ou blanc... ou noir et blanc.
Mais rien d’autre pour le premier été du troisième millénaire siglé YSL


PARIS Les défilés pour l'été 2000-2001 ont pris fin samedi. La veille, un des show les plus attendus de la semaine. Le premier de Tom Ford aux rênes du prêt-à-porter Yves Saint-Laurent. Et le petit génie de Gucci, a expliqué "qu’il fallait faire des choix dans la vie"...
Exit donc les couleurs pour sa première collection YSL, événement tant attendu. Dans le cadre du musée Rodin, Tom Ford a accueilli 508 invités, journalistes et clientes triés sur le volet, par une haie d’honneur de cerbères tout de noir vêtus, éclairés par une lumière violette.
C’est dans cette étonnante ambiance de sacristie que le créateur texan a entamé une révolution maison en douceur, sans doute pour ne pas affoler les plus fidèles clientes.
Au passage, Tom Tord en profite pour rendre hommage à Yves Saint-Laurent qui n’est pas venu. Seul Pierre Bergé, son mentor et ami, était présent, tout comme Sylvianne Jospin.
Sur tous les modèles, la patte du Texan est palpable. Il modernise le classique tailleur-pantalon que Saint-Laurent a créé "pour donner du pouvoir aux femmes". Celui de Tom Ford est plus cintré et le pantalon est très élégamment féminisé par un revers large. Ses robes soulignent nettement plus la taille, qui apparaît comme sanglée.
Depuis le redressement spectaculaire de Gucci, griffe italienne moribonde avant son arrivée, Tom Ford est considéré, à 38 ans, comme le petit génie de la mode. En 1990, la marque au double G et à la bande rouge et verte agonise. Avec Dominico de Sole, le créateur texan transforme tout, redessine à la fois les collections et les boutiques.
Aujourd’hui, la griffe compte parmi les plus prestigieuses du monde, symbole du luxe absolu, et réalise quelque six milliards de FF (915 millions d’euros) de chiffre d’affaires. Une révolution si extraordinaire que la rescapée de la mode italienne s’offre le prêt-à-porter Yves Saint-Laurent. Depuis plusieurs saisons, le couturier parisien le délaisse pour se consacrer exclusivment à la haute-couture.
Tom Ford remplace en fait Albert Elbaz, qui était chargé du prêt-à-porter. "Mon but est de dessiner, d’inventer de belles choses que les gens veulent dans leurs vie. J’admire les gens qui sont des artistes, et il y a des couturiers qui sont des artistes. Je ne pense pas que je puisse actuellement produire de l’art. Je suis un designer qui fait du commercial", revendique haut et fort Tom Ford. A l’évidence, il compte bien appliquer les mêmes recettes pour le prêt-à-porter YSL.

Mugler au soleil

De son côté, Thierry Mugler a présenté une collection toute entière dédiée au soleil. Le bronzage devient un accessoire de mode. L’ensemble des modèles joue les luminosités d’une journée estivale ensoleillée. Du zénith parfait au scintillement des étoiles, la femme Mugler du prochain été cultive le Mugler style, chic et souple avec de nouvelles innovations dans la coupe. Les vestes sans col sont échancrées, tandis que les manches connaissent toutes les longueurs. La taille est appuyée par un jeu de sangles et de ceintures.
A l’heure de la plage, le ton de Thierry Mugler est très Sunset Jet Set, avec des décolletés. Le soir, le manteau-toge à dos bénitier est gansé de broderie sur une robe longue. Eloge du "glamourama", résume Mugler.