Free zone. Une démonstration fort appuyée

BRUXELLES Les fans de Star Wars risquent d'être déroutés en découvrant Natalie Portman à l'affiche de Free zone. Loin des superproductions hollywoodiennes, ce film israélien ne mise pas sur le spectacle, mais sur la réflexion. A partir d'une rencontre improbable entre trois femmes, une Américaine (Rebecca), une Israélienne (Hanna) et une Palestinienne (Leila). La première, en proie à un chagrin d'amour, veut quitter le pays. La seconde l'aide... pour aller réclamer à la troisième l'argent qu'elle lui doit. Toutes les trois possèdent une vision pour le moins différente du monde. Et surtout des autres. Mais, conflit ou pas, il faut bien se parler: elles n'ont pas le choix.

Le point de vue d'Amos Gitaï est évident: montrer que tout le monde a raison et tort en même temps dans le conflit du Moyen-Orient. Et que le dialogue, soutenu par la communauté internationale, constitue la seule voie honorable de sortie.

Malheureusement, cette conviction est appuyée par des situations et des personnages tellement symboliques qu'ils en perdent tout pouvoir émotionnel. La démonstration, trop appuyée, manque d'émotion, tourne à l'exercice de style. Pendant tout le film, on a l'impression d'assister à un dialogue de sourds, de tourner en rond: chaque protagoniste reste enfermé dans sa logique, incapable de comprendre les autres modes de pensée, les vécus opposés.

Le trio fonctionne bien, et on comprend mal que le jury cannois ait choisi de distinguer la seule Hanna Lazslo pour son interprétation. Qui, de toute façon, ne suffit pas à rendre ce Free zone captivant. Dommage.

© La Dernière Heure 2005