Michel Blanc a dû mettre en veilleuse son rôle de metteur en scène

BRUXELLES Alors que la sortie des Bronzés numéro trois est imminente, Michel Blanc apparaît en tête d'affiche de Je vous trouve très beau et dans un rôle sensiblement différent de ceux qu'il tient habituellement. Et ce qui ne gâte rien, c'est qu'Isabelle Mergault a écrit le personnage principal de son premier film en tant que réalisatrice en pensant directement à l'auteur de Grosse fatigue...

Quand on est comédien, ça doit être agréable d'apprendre qu'on écrit des rôles spécifiquement pour vous...

«Evidemment. Le plaisir s'accompagne aussi d'une certaine pression, car il faut qu'on soit à la hauteur. Aussi, ce n'est pas parce qu'on écrit un rôle pour moi que je dois l'accepter. Je suis toujours très honnête quand on me sollicite. Je réponds que je suis très flatté, mais j'attends toujours d'avoir lu le scénario pour marquer mon accord définitif. Dans le cas présent, il est vrai qu'Isabelle avait été très explicite. Il n'y avait donc pas vraiment de doute dans mon esprit. Mais on a parfois des surprises. Là, je prépare un rôle pour André Téchiné et le film est resté longtemps pour moi un mystère! J'ai dû un peu déroger à mes principes. Mais ça m'aurait beaucoup ennuyé de lui dire non...»

Qu'est-ce qui vous a séduit dans Je vous trouve très beau?

«Principalement le côté humain, sensible et émotionnel du personnage que j'incarne. C'est un rôle entier tel qu'on ne m'en avait jamais réellement proposé auparavant. Oui, j'ai eu des rôles où l'émotion était présente dans certains passages, mais jamais comme dans celui-ci. Cela me motivait énormément. Vous savez, ça fait du bien de jouer quelqu'un de posé quand on a l'habitude de vous demander d'être un déséquilibré, un hystérique ou un personnage inquiétant! Récemment, pour la télé, j'ai joué un autre rôle qui allait dans le même sens, celui d'un policier qui enquêtait sur les agissements de la gestapo française au lendemain de la guerre. Un rôle basé sur l'écoute, le calme et l'autorité : ça m'avait fait du bien. De toute façon, pour tout comédien qui se respecte, il est important d'élargir ses perspectives.»

Cela ne vous effraie plus de jouer pour un auteur qui débute dans la mise en scène ?

«A vrai dire, ça ne m'arrive plus souvent. La dernière fois, c'était chez vous pour Madame Edouard de Nadine Monfils. En fait, il faut être disponible et apporter son aide quand cela s'avère opportun. Avec Isabelle Mergault, j'ai beaucoup travaillé sur la mise en confiance. Je ne suis jamais intervenu directement dans la mise en scène, mais quand je sentais qu'elle n'arrivait pas à obtenir ce qu'elle voulait, je lui donnais l'un ou l'autre conseil. Mais ce n'est pas arrivé plus de trois ou quatre fois durant le tournage.»

Et cela ne vous donne pas envie de retourner derrière la caméra ?

«Si, mais figurez-vous qu'en ce moment, j'ai la malchance si on peut dire de ne me voir proposer que de beaux rôles que je ne peux pas refuser! Si je ne les acceptais pas, on se demanderait si j'ai encore envie de tourner, ce qui est évidemment le cas. Depuis un an, je joue des rôles différents voire contradictoires et qui me plaisent beaucoup. Et maintenant se profile le tournage pour Téchiné avec un personnage à jouer multiforme, qui me fait très peur et qui en même temps est terriblement exaltant. Alors je me dis que ce n'est pas le moment d'envisager un film à moi. Mais intellectuellement, c'est vrai, je l'avoue, ça me manque...»

© La Dernière Heure 2006