Le 7e art découvre le talent de Mimie Mathy

NAMUR Dimanche, 14 heures. La terrasse du Théâtre Royal est baignée de soleil. "Pour moi, c'est parfait." Son sac en jean's sous le bras, Mimie Mathy n'hésite pas une minute entre une interview en extérieur ou en intérieur. "C'est l'occasion de prendre des couleurs", s'amuse-t-elle. Derrière le sourire et les petites lunettes rondes de soleil, on devine pourtant un peu de nervosité. Et pour cause. Dans quelques heures à peine, aura lieu la première projection publique de Que faisaient les femmes pendant que l'homme marchait sur la lune?, un film de Chris Vander Stappen, en compétition au Festival international du film francophone de Namur. "J'y interprète Elisa, un personnage complètement différent des rôles de filles bien dans leurs baskets que l'on me confie habituellement", explique-t-elle. Et pour l'actrice, le défi est d'autant plus grand qu'il s'agit d'une première aventure au cinéma.

On le sent, bien qu'elle essaie de le cacher, Mimie Mathy est inquiète. Inquiète de connaître l'avis du public, de son public. "Elisa ne correspond pas du tout à ce que je fais en télé dans La Nounou ou dans Joséphine, ange gardien. Ici, c'est moi qui ai besoin d'aide. Il s'agit d'une vraie composition dans le genre mal dans sa peau ", précise-t-elle.

Comme pour marquer le coup, la comédienne s'est teinte en brun pour le tournage. "A vrai dire, c'était une demande de Chris que j'ai respectée. Mais dès le lendemain de la fin des prises, j'ai retrouvé ma blondeur", s'amuse-t-elle. Une couleur qui restera celle de Mimie dans ses prochains téléfilms. "J'ai resigné pour 12 Joséphine ", se réjouit-elle, visiblement très heureuse du succès du téléfilm. Et le 7e art dans tout ça? "Je ne suis pas devenue comédienne pour jouer au cinéma, à la télé ou au théâtre, mais pour jouer tout simplement, quel que soit le lieu", indique-t-elle. Et si jusque-là on n'a pas vu la comédienne ailleurs que sur le petit écran, "c'est juste parce qu'on ne m'avait jamais fait de propositions qui vaillent la peine."

Avec Elisa, c'est donc une nouvelle voie qui se dessine, mais, assure Mimie Mathy, elle ne fermera pas les autres portes déjà largement ouvertes. "En France, on a l'art de faire une putain de classification entre les gens qui font du cinéma et ceux qui font de la télé. C'est complètement ridicule et je suis heureuse de voir des comédiens comme Depardieu ou Malkovich tourner dans des téléfilms. On est avant tout comédien, un point c'est tout", déclare-t-elle. Avec une seule petite différence, toutefois: le nombre de spectateurs. "C'est vrai, avec Joséphine, en une soirée, on rassemble 12,8 millions de personnes, alors qu'au cinéma, à part Les Visiteurs , je ne vois pas quel film français a pu réunir autant de monde", reconnaît-elle, avec une petite pointe de fierté dans la voix. Mais, rien de prétentieux là-dedans, bien au contraire. "Fugain qui est le premier à avoir cru en moi dit toujours que je suis tombée dans une bassine d'optimisme quand j'étais petite. En réalité, j'essaie, à ma manière, d'aider les gens. S'ils voient que moi, avec mes problèmes, j'arrive à garder le moral et à réussir, peut-être cela peut-il leur apporter un peu de courage et pourquoi pas leur permettre de garder eux aussi le sourire", explique-t-elle.

Généreuse, enthousiaste, Mimie Mathy l'est. Son implication dans la fameuse troupe des Enfouarés le prouve encore. "L'année dernière, je n'ai pas pu participer à la tournée, j'ai juste fait la clôture à Paris, mais cette fois, j'ai retenu mon mois de janvier et je serai de l'aventure", assure-t-elle, déjà tout sourire en pensant à ce moment magique. Même émotion à l'annonce de son prochain one-woman-show pour fin 2001. "J'ai enfin trouvé le thème que je cherchais pour remonter sur scène. Je suis au stade de la co-écriture, mais je préfère ne rien dire. Surprise", murmure-t-elle, juste assez mystérieuse pour éveiller les esprits curieux...