Sauf le respectque je vous dois. Et notre compatriote est plutôt bien entouré!

BRUXELLES Premier long métrage de Fabienne Godet, Sauf le respect que je vous dois évoque un drame comme il pourrait en exister beaucoup dans le milieu des entreprises où la productivité est devenue prétexte à tous les abus, quel que soit le point de vue d’où on se place.

En l’occurrence, l’auteur-réalisatrice est partie d’une expérience qu’elle a elle-même vécue dans le domaine hospitalier. Ici, pourtant, c’est dans les milieux de la presse régionale - bretonne, pour être précis - en crise que le suicide d’un employé qu’on venait de licencier crée l’émoi.

François, son meilleur ami, refuse de croire que le malheureux avait commis une faute grave et décide de réclamer des comptes au patron qui répond par le mutisme. L’affaire ne va pas en rester là car, d’une part, François est fermement décidé à faire éclater la vérité, alors que, d’autre part, une journaliste qu’on venait d’engager en vient à s’intéresser de près au dossier…
Flash-back, poursuites en voiture, thriller psychologique, voire polar tout court : Fabienne Godet n’a pas choisi la facilité pour ses grands débuts dans le domaine du film social dont la production française semble toujours friande.

Sauf le respect que je vous dois échappe aux normes minimalistes et ronflantes du genre et on ne peut dès lors que souligner le dynamisme presque inattendu d’un récit que l’on imaginait certainement moins spectaculaire. Et comme la distribution en général fait preuve d’un entrain similaire, à l’image d’Olivier Gourmet, le film atteint non seulement son objectif de manière bouleversante et sans manichéisme, mais constitue de surcroît un bon… divertissement.

Dominique Blanc (l’épouse), Julie Depardieu (la journaliste) et Marion Cotillard (la junkie qui l’aide en cavale) se disputent les répliques avec notre compatriote dont le registre s’étoffe décidément d’un film à l’autre.