Crâne rasé, colonne vertébrale métallique vissée dans le corps, vêtements sales et regards agressifs, Matt Damon incarne dans “Elysium” le prototype de l’armoire à glace qu’on n’aimerait pas croiser en pleine nuit au détour d’une ruelle sombre. Alors qu’à l’interview, toujours souriant et avenant, avec son look d’éternel étudiant, il se dégage de lui une sympathie immédiate. C’est une évidence : contrairement à tant de ses collègues, il prend toujours plaisir à parler de ses films.

Vous avez survécu à une interview avec Sharlto Copley ?, lâche-t-il en riant à propos de son partenaire. Il est complètement fou ! Dieu merci, il ne boit pas, ne fume pas (rire). Qu’est-ce qu’on s’est amusés durant le tournage…

L’immigration constitue un des thèmes majeurs de “Elysium”. Quel est votre point de vue à ce sujet ? 

Je viens d’un pays d’immigrants ! Si vous regardez l’histoire des USA, il n’y a eu que des avantages à l’immigration. Mes enfants sont américains, mais dans leurs veines coule du sang anglais, suédois, écossais, finlandais, français, italien, espagnol et argentin ! Ils représentent 8 pays à eux seuls. Et c’est la norme aux Etats-Unis. 

La pauvreté est clairement montrée comme la cause de l’immigration…

Ce n’est pas typique aux Etats-Unis. C’est aussi vrai en Europe ou en Afrique du Sud. Partout où des gens vivent mal, ils essaient d’améliorer leur situation. C’est humain. 

Jason Bourne vous a façonné une image de héros de film d’action et vous semblez aimer ça… 

J’ai le sentiment de varier les rôles et de ne pas avoir une image trop marquée. Cela dit, les films d’action sont très amusants à tourner… si c’est avec de bons réalisateurs. Je n’ai pas de genre favori. J’aime tout faire. Surtout si c’est différent de ce que j’ai déjà tourné. Mon film favori, c’est toujours celui dans lequel je suis en train de jouer. 

Vous êtes particulièrement impressionnant physiquement. Cela a réclamé beaucoup d’entraînement ? 

Fuck you, man! (rire). En fait, j’avais une image de ce à quoi je devais ressembler, tirée du roman graphique. J’ai donc été trouver un entraîneur avec la photo en lui disant que je devais ressembler à ça. Il m’a dit que ce serait difficile… (rire). Neil Blomkamp est très visuel. Il voulait que les pauvres soient très musclés, un peu effrayants pour les riches. Il avait aussi une idée très précise des détails vestimentaires. Le look est essentiel pour lui.

Quelles sont les caractéristiques de la réalisation de Neil Blomkamp ?

Il sait exactement ce qu’il veut et se montre très clair dans ses instructions. Tout en restant ouvert aux idées. C’est le point commun entre tous les grands cinéastes avec qui j’ai travaillé : ils sont ouverts aux bonnes idées. 

Qu’est-ce que cela vous a fait de vous voir avec la tête rasée ?

Ce n’était pas une première pour moi. Pour Les frères Grimm , je devais porter une perruque. Je m’étais donc rasé la tête par facilité. Donc, cela n’était plus un tel choc cette fois-ci. Je me reconnaissais dans la glace… C’est juste étrange la première fois, puis on s’habitue. 

Jouer avec une armature métallique aussi lourde n’était pas handicapant  ?

Tous les matins, cela me prenait trois heures pour enfiler toutes les couches du costume et être prêt à monter sur le plateau. Le tout devait peser environ 15 kg. Ce n’est pas si mal…