Road to Guantanamo. Cosigné par Michael Winterbottom

BRUXELLES Avec Road to Guantanamo, on retrouve le Michael Winterbottom qu’on préfère, celui des Welcome to Sarajevo et d’In this World. Dans ce faux documentaire éloquent, l’auteur-réalisateur britannique s’en prend fermement aux militaires américains qui interrogent les prétendus terroristes incarnés à Guantanamo au lendemain des attentats du 11 septembre...
En fait, le film présente l’histoire vraie de quatre jeunes Anglais d’origine pakistanaise retournés en Asie pour fêter le mariage de l’un d’eux. Mais les attentats qui ont frappé les États-Unis sont suivis de nombreuses arrestations et trois d’entre eux sont bientôt soupçonnés de faire partie d’al-Qaida. D’abord incarcérés en Afghanistan, ils sont ensuite transférés sur la côte cubaine, où l’armée US a installé un camp d’internement à l’intention de tous les présumés terroristes liés aux attentats. Ils n’en sortiront blanchis que deux années plus tard.

L’histoire de ces trois sujets de Sa Majesté emprisonnés par erreur a fait la une des journaux britanniques avant de devenir le sujet de ce film coréalisé par Winterbottom et son complice occasionnel Mat Whitecross. Ce dernier eut pour mission de “déblayer le terrain”, soit obtenir les témoignages précis des trois intéressés, et toutes les autorisations nécessaires pour tourner en Angleterre, au Pakistan, en Afghanistan, en Iran et pour finir à Cuba. Joué par des comédiens non professionnels, Road to Guantanamo a été réalisé comme un documentaire, à l’aide d’une caméra maniée en direct avec la plus grande simplicité, sans le moindre trompe-l’œil. Le résultat est d’une efficacité naturellement exemplaire, mais ne constitue pas à proprement parler un véritable ouvrage de cinéma. Comme nous l’avons écrit, il s’agit d’un faux documentaire avec tout ce que le genre, qui n’est même pas reconnu, suppose.