The Great Raid. Un épisode authentique de la Guerre du Pacifique

BRUXELLES A une époque où l’image du GI n’a sans doute jamais été aussi ternie, un film comme ce Grand Raid qui évoque un épisode paraît-il authentique de la Guerre du Pacifique risque un peu de tomber à plat… Quelque part, on doit le regretter. Une période n’est pas l’autre, et un film tel que celui dont il est ici question rappelle que les soldats américains n’ont pas toujours été les représentants armés de l’impérialisme occidental.

Début 1945. Les forces navales américaines reconquièrent une à une les îles du Pacifique et débarquent avec succès aux Philippines. Mais comme partout ailleurs, les troupes japonaises résistent farouchement. Aux Philippines, la situation est cependant particulière. Deux ans plus tôt, en 1942, l’invasion de l’archipel avait abouti à la reddition de la presqu’île de Bataan. Des milliers de soldats américains furent faits prisonniers dans des camps où les conditions de vie étaient atroces. Afin de sauver les derniers survivants de l’un de ceux-ci, l’état-major US met sur pied une opération de commando visant à traverser en toute discrétion les lignes ennemies. La situation est urgente, car le commandant du camp a décidé qu’il n’y aurait plus de soldat américain en vie au moment de l’arrivée des troupes américaines… Comme on vous le disait, l’histoire de ce Grand Raid est authentique et on a ici affaire à un vrai film de guerre à l’ancienne, un peu du style La brigade du diable et, bien entendu, Le pont de la rivière Kwai, deux grands classiques du genre.

Le script a été directement adapté d’un ouvrage historique reconnu et la réalisation confiée à John Dahl, l’auteur de Red Rock West et de Last Seduction. Le résultat est absolument passionnant. Non seulement l’opération est relatée avec une précision remarquable, mais le suspense est judicieusement maintenu jusqu’à la dernière seconde ! Sans aucun débordement au niveau des effets spéciaux, l’ouvrage n’en est pas moins spectaculaire à souhait. Profitant du refus de Johnny Depp, c’est Benjamin Bratt qui figure en tête d’affiche, avec James Franco, Joseph Fiennes et la superbe Connie Nielsen.