Poseidon. Un remake propre mais sans âme

LONDRES Wolfgang Petersen a beau se gausser de la coiffure de Gene Hackman dans la version originale des Aventures du Poseidon (1972), son film à lui, tout parfait qu’il soit dans ses effets spéciaux, n’arrive pas à la… cale du film original. Pourtant, en substance, l’intrigue est la même : un magnifique bateau de croisière, qui effectue une traversée de prestige, est renversé par une vague orpheline qui met véritablement le navire à l’envers. Les morts se comptent par centaines et les rescapés, ceux qui par chance se trouvaient dans la grande salle de réception, n’en ont plus pour longtemps. Un petit groupe d’intrépides dont les motivations sont très diverses (amour, désespoir, fraternité, amitié) s’élance donc à la recherche d’une issue qui se trouve là tout en haut… dans la cale. Puisqu’évidemment, il faudra s’y faire, plus rien n’est dans le bon sens sur ce foutu rafiot.

Passé le plaisir de voir le décor à l’envers et, par voie de conséquence, les acteurs qui évoluent dans un univers qui a perdu le Nord, on se lasse très vite de leur remontée vers l’air libre qui ressemble à un jeu vidéo où les plateaux se succèdent. Pour tout dire, on n’éprouve ni intérêt ni compassion pour Kurt Russel et sa clique et l’on se surprend à regarder sa montre alors que le film ne dure qu’une petite heure et demie. Reste les effets spéciaux, notamment ceux de la scène d’ouverture, totalement bluffant. Mais c’est peu, bien peu pour faire un grand film.