Deux réalisateurs vont tracer le portrait d’une maman dont le fils a été tué par Mohamed Merah dans Latifa, le cœur du combat.

C’est une des injustices de la mémoire. Tout le monde connaît le nom de Mohamed Merah, cet islamiste radical dont on préférerait n’avoir jamais entendu parler, qui a tué sept personnes (dont trois enfants) en mars 2012 à Toulouse.

Par contre, rares sont les personnes capables d’identifier Latifa Ibn Ziaten, une femme remarquable qui s’est retrouvée au-devant de l’actualité sans avoir rien demandé. Pour son malheur, elle est la maman de la toute première victime du carnage dans la ville rose, un militaire de 30 ans, Imad Ibn-Ziaten.

Depuis, avec un courage exemplaire, elle parcourt la France et le Maroc pour faire reculer la radicalisation en rencontrant des parents et des adolescents. De son combat qui lui a valu la Légion d’honneur, elle a tiré un livre. Et les réalisateurs Olivier Peyon et Cyril Brody veulent faire un film, Latifa, le cœur du combat. Selon le communiqué publié par la maison de production Haut et Court, il s’agira d’un "portrait intimiste d’une femme exceptionnelle qui se bat chaque jour pour remettre à sa hauteur l’idéal républicain et ses valeurs : la liberté, l’égalité, la fraternité."

Les deux cinéastes ont inscrit leur projet sur la plateforme participative KissKissBankBank, en précisant que pour deux euros versés, un ira à l’association fondée par cette mère courage et l’autre servira à financer le projet. "L’idée d’un film de cinéma s’est imposée lorsqu’au-delà de la mère qui place l’amour au centre de son action et derrière la sainte qui pardonne à l’assassin de son fils, nous avons identifié une femme capable de passer d’un monde à un autre, d’une cité à un ministère, ont-ils déclaré . Une femme sans frontières au sens propre comme au figuré."

Une femme dont le combat mérite plus de publicité que celui des assassins.

Le scandale du Mediator au ciné

Certains films sont assurés de faire l’événement bien avant leur sortie. Comme La fille de Brest, la nouvelle réalisation d’Emmanuelle Bercot, qui avait fait l’événement lors du Festival de Cannes 2015 avec Mon roi.

Ce long métrage, emmené par Sidse Babett Knudsen (la vedette de la série danoise Borgen) et Benoît Magimel, s’inspire de la vie d’Irène Frachon, la pneumologue qui a révélé le scandale du Mediator. Selon l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, ce coupe-faim serait responsable d’au moins 500 décès (certains avancent le nombre de 2.000) et 3.500 hospitalisations. Le laboratoire qui l’a produit est mis en cause, mais aussi le système de santé français, dont les dysfonctionnements sont criants. Mais le procès ne devrait pas se dérouler avant 2018.

Basé sur un très gros fait divers belge

Après À perdre la raison, inspiré de l’affaire Lhermitte, et Les chevaliers blancs, basé sur le scandale de l’Arche de Zoé, Joachim Lafosse va de nouveau se baser sur un événement judiciaire pour son prochain projet, auquel il s’attellera après la sortie de L’économie du couple, son nouveau film sélectionné à Cannes.

"Cela s’appellera Le fils de la loi, nous a-t-il expliqué. C’est un film sur la paternité qui sera inspiré librement d’une très très grande affaire belge. Je suis en train d’en terminer l’écriture. Pour moi, être père, c’est porter la loi, la protéger, pas faire la loi. Le père qui fait la loi pour son propre intérêt est probablement un pervers. Ce n’est pas un père. Par contre, s’il fait comprendre le sens de la loi à sa famille, alors c’est un père." Pas facile, sur cette base, de deviner la source d’inspiration. Tout au plus nous a-t-il certifié qu’il ne s’agit pas de Marc Dutroux.

Inspiré par Patrick Haemers

Autre film belge qui ne va pas passer inaperçu : Le Fidèle, la nouvelle réalisation du natif de Saint-Trond, Michael R. Roskam (Rundskop, The Drop). Ce film de gangsters s’inscrira en effet dans le cadre de la guerre des gangs à Bruxelles. Et surtout, Matthias Schoenaerts y tiendra le rôle principal, celui de Gino, un truand au physique avantageux et à l’esprit enfantin, directement inspiré par le look, "la grâce et l’élégance" de Patrick Haemers.

Entre deux méfaits sanglants, Gino tombera amoureux de Bénédicte (Adèle Exarchopoulos), une pilote de course automobile issue de la haute société. Entre eux, ce sera le coup de foudre, aussi puissant que dangereux.

À l’écriture de ce thriller romantique, on retrouve Thomas Bidegain et Noé Debré, des pointures qui ont notamment scénarisé Dheepan. La sortie de Fidèle est attendue en 2017.