Un porno entre potes

CinémaVidéo

Patrick Laurent

Publié le

Un porno entre potes
© D.R.

Do not disturb. Une comédie grinçante sur nos choix de vie

BRUXELLES Pressé par sa femme désireuse d’avoir un enfant à tout prix, coincé dans une vie un peu trop bien organisée, Ben voit le retour dans sa vie de son vieux copain Jeff comme une bouffée d’air frais. Avec cet artiste dans l’âme, apparemment prêt à toutes les expériences, tout semble plus fun. Et certainement plus épicé. À la fin d’une soirée trop enfumée et trop arrosée, pour impressionner leurs copines lesbiennes nettement plus trash qu’eux, les deux amis se lancent un défi fou : tourner ensemble un film porno gay… alors qu’ils ne sont pas homos. Sur le coup, cela leur paraît une idée géniale. Mais le lendemain, quand il faut expliquer ça à Anna, c’est déjà nettement moins évident. Et le pire est à venir. Devant la caméra, ni l’un ni l’autre n’est vraiment excité par l’expérience. Mais peuvent-ils se débiner ?

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NOTRE AVIS. Inspiré de Humpday, Do not disturb démarre comme une comédie pour ados attardés, avec des vieux fantasmes de quadragénaires qui se sentent à l’étroit dans leurs vies étriquées. Puis, assez rapidement, les gags potaches cèdent la place à un humour nettement plus grinçant. Pris dans leur propre piège, les deux potes choisissent systématiquement la fuite en avant plutôt que de reconnaître leurs propres failles. Et cela met de plus en plus mal à l’aise.

Par l’entremise de cette petite histoire, Yvan Attal nous tend un miroir. Où se reflètent nos propres hésitations, nos peurs inavouables, l’envie de paraître, la difficulté d’être confronté aux rêves jamais réalisés et de surmonter ses propres barrières morales, les petites lâchetés pour s’accommoder de la vie réelle ou les moments de joyeuse folie qui justifient tout. Et c’est terriblement perturbant.

Yvan Attal et François Cluzet ont le bon goût de ne pas trop en faire, de jouer des contradictions entre le regard et la parole, de ne jamais tomber dans la caricature. Mais la révélation du film, c’est Laetitia Casta, impeccable en femme délaissée dotée d’un solide caractère.

Ce n’est pas le film le plus joyeux de la semaine, mais les œuvres pour adultes sont suffisamment rares pour ne pas les snober.

Do not disturb



© La Dernière Heure 2012

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