Le tempsdes porte-plume

BRUXELLES Plus connu comme acteur que comme réalisateur, Daniel Duval s’est pourtant réinstallé derrière la caméra plus de vingt ans après ses deux derniers films, Effraction (1982) et La dérobade (1979) qui fut son plus gros succès. Dans Le temps des porte-plume, l’auteur évoque sa propre enfance. À l’âge de neuf ans, Daniel fut lui-même enlevé à ses parents et recueilli par une famille d’adoption campagnarde. Ici, le jeune héros s’appelle Pipo et son arrivée dans un petit village au cours de cet été 54 n’est pas de tout repos. Rebelle, taciturne, indiscipliné, Pipo ne se fait pas que des amis à l’école, et ne fait pas vraiment le bonheur de ses parents adoptifs. En revanche, le courant passe admirablement avec un jeune homme qui doit prochainement partir en Algérie, et avec une vieille voisine qui vit recluse… Il y a plus de vingt ans que Duval avait envie de faire ce film qui, à l’origine, devait être joué par Jean Carmet, puis par Philippe Léotard et enfin Jacques Villeret dans le rôle du père adoptif. En fin de compte, le scénario a été réécrit pour un casting plus jeune dominé par Jean-Paul Rouve, Anne Brochet, Lorent Deutsch et, surprise, Annie Girardot ! Une bonne surprise, d’ailleurs, car la comédienne semble en pleine forme dans le rôle d’une vieille dame à l’agonie ! Le charme de cette chronique d’une autre époque est évident, et la psychologie des personnages particulièrement attachante, de sorte que Le temps des porte-plume s’inscrit dans la lignée de ces (trop) rares films français qui échappent à l’antagonisme des grosses machines d’un côté et des ouvrages minimalistes de l’autre.