Cinéma Le remake de Maman, j’ai raté l’avion sera proposé uniquement sur Disney +, pas au cinéma, tout comme ceux de La Nuit au musée ou de Treize à la douzaine.

La guerre des plateformes ne débutera officiellement qu’en novembre, avec le lancement aux USA de Disney + (disponible début 2020 en Europe de l’Ouest), quelques mois avant HBO Max, soutenu par un autre géant d’Hollywood, Warner Bros. Mais en attendant de débarquer en force sur les tablettes et autres écrans connectés, les concurrents de Netflix fourbissent leurs armes. Et on peut aisément les qualifier de séduction massive.

Dans ce domaine, le studio aux grandes oreilles rondes s’apprête manifestement à frapper très fort. Non content de proposer un abonnement mensuel à 5,99 $, il renforce encore son offre outre-Atlantique avec un pack à 12,99 $ comprenant Disney +, Hulu (l’autre grand service de streaming détenu par Disney) et la chaîne sportive ESPN. Soit exactement le même tarif que pour Netflix ou Amazon tout seuls, et 4 $ de moins que le prix attendu pour HBO Max.

Comme si cela ne suffisait pas, Disney + n’arrête pas d’enrichir son offre exclusive. En plus des sagas Star Wars, Marvel ou Indiana Jones, des séries exclusives qui en seront tirées pour le streaming et du catalogue de dessins animés Disney/Pixar, la plateforme vient d’annoncer quelques remakes qui n’atterriront jamais dans les salles de cinéma. À commencer par celui des différentes variations de Maman, j’ai raté l’avion. La franchise, qui avait propulsé Macaulay Culkin au rang de star, avait rapporté 700 millions $ dans le monde. Sa nouvelle version devrait, au minimum, attirer les nostalgiques devenus parents à leur tour.

La même logique prévaut pour le reboot des trois films de Treize à la douzaine. C’est familial, amusant, politiquement correct, en total accord avec la ligne Disney. Ou pour la réinterprétation des trois volets de La Nuit au musée, qui avaient généré 1,3 milliard $ dans les salles de cinéma, voire celle d’une série de films qui ont surtout fait un malheur aux États-Unis, tirés du Journal d’un dégonflé.

À l’instar de la version live de La Belle et le Clochard (une décision surprenante, au vu des triomphes au box-office cette année d’Aladdin et du Roi Lion), ces quatre nouvelles sagas ne seront visibles que pour les abonnés affublés d’oreilles de Mickey.

La concurrence, et tout particulièrement l’ultradominante Netflix, peut commencer à se faire du mouron. Disney a sorti l’artillerie lourde en vue du choc des plateformes. Et comme le portefeuille des internautes n’est pas nécessairement extensible, le paysage du streaming et du cinéma pourrait connaître de gros bouleversements dans les prochains mois.